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185 000 enfants arrachés à leur mère le Royaume-Uni présente des excuses historiques
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a officiellement demandé pardon pour les adoptions forcées qui ont brisé des centaines de milliers de…


Le Premier ministre britannique Keir Starmer a officiellement demandé pardon pour les adoptions forcées qui ont brisé des centaines de milliers de familles après la Seconde Guerre mondiale. Des mères célibataires stigmatisées, des enfants qui ont grandi sans connaître leurs origines : l’État reconnaît enfin sa responsabilité.
Jeudi, devant le Parlement, Keir Starmer a prononcé des mots que des milliers de personnes attendaient depuis des décennies. Il a parlé au nom du pays tout entier pour dire sa honte. « Ce n’est pas à vous d’avoir honte, a-t-il lancé aux victimes. C’est à nous d’avoir honte. » Le chef du gouvernement a qualifié ces adoptions forcées de « tache sur notre histoire ». En cause, un système d’une violence silencieuse qui a duré des années. Entre 1949 et 1976, plus de 185 000 enfants nés de mères non mariées ont été adoptés en Angleterre et au Pays de Galles. Mais les pratiques ont continué bien après. À l’époque, avoir un enfant hors mariage était un déshonneur. Les jeunes mères étaient accusées d’immoralité, poussées à abandonner leur bébé. Les enfants, eux, ont grandi en se croyant non désirés.
Starmer a mis en cause un système bien organisé. Pas des actes isolés ou accidentels, a-t-il insisté. Une machine impliquant les autorités locales, les associations bénévoles, les Églises et les services de santé et sociaux. Ce constat brutal, des députées l’ont vécu dans leur chair. Tracy Gilbert, née en 1972, a fondu en larmes en racontant son histoire. Elle ignore si sa mère biologique a été contrainte, mais elle sait que celle-ci a passé sa grossesse dans un foyer de l’Église d’Écosse. Sarah Pochin, une autre élue, a elle aussi craqué. Sa propre mère a été forcée de confier un bébé à l’adoption, une affaire gérée par l’Église. Elle n’a découvert l’existence de ce frère qu’après la mort de sa mère, et a dû payer de sa poche pour le retrouver.
Le Royaume-Uni n’a pas annoncé d’indemnisation financière, contrairement à d’autres pays comme l’Irlande ou l’Australie qui ont déjà présenté des excuses et mis en place des compensations. Starmer a promis un point d’accès unique en ligne pour retrouver les archives, et leur conservation pendant cent ans. Une mesure qui permettra aux victimes de retracer leur passé. L’association Movement for an Adoption Apology a salué la reconnaissance d’un « traumatisme d’une vie ». « Ces excuses arrivent trop tard pour beaucoup, mais elles sont une avancée pour les centaines de milliers de mères et d’enfants adoptés dont la souffrance est enfin reconnue », a-t-elle déclaré. Les Églises catholique et anglicane s’étaient déjà excusées ces dernières années. Le gouvernement écossais et le gouvernement gallois l’avaient fait en 2023. Il manquait la parole de l’État. Elle est venue.
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