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Plus d’un million de sans-papiers ont tenté leur chance en Espagne

En seulement deux mois et demi, près de 1,2 million d’étrangers en situation irrégulière ont déposé une demande de régularisation. Le gouvernement…

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Plus d'un million de sans-papiers ont tenté leur chance en Espagne

En seulement deux mois et demi, près de 1,2 million d’étrangers en situation irrégulière ont déposé une demande de régularisation. Le gouvernement espagnol, porté par une politique d’accueil volontariste, doit maintenant trancher.

C’est un chiffre qui donne le vertige. Entre mi-avril et fin juin, l’Espagne a enregistré 1.174.978 demandes de titres de séjour et de travail de la part de personnes sans papiers. Un record. Et sur cette montagne de dossiers, plus de 600.000 ont déjà été jugés recevables par les autorités. Derrière ces statistiques, des visages, des parcours. Deux tiers des demandeurs viennent d’Amérique latine, principalement de Colombie, du Venezuela et du Pérou. Près d’un quart sont originaires d’Afrique, avec le Maroc en tête. Le profil type est plutôt jeune, huit sur dix ont moins de 45 ans, et légèrement masculin, 57% d’hommes.

Le gouvernement de Pedro Sánchez a mis en place cette procédure exceptionnelle pour répondre à la fois à une réalité migratoire et à des besoins économiques. Les candidats devaient prouver qu’ils résidaient en Espagne depuis au moins cinq mois au 1er janvier et ne pas avoir de casier judiciaire. Une fois la demande déposée, les services de l’État ont trois mois pour examiner chaque dossier et délivrer, ou non, un permis valable uniquement en territoire espagnol. Ce plan massif, initialement conçu pour concerner « près d’un demi-million de personnes », a finalement attiré plus du double. Pour Sánchez, pris dans des affaires judiciaires qui touchent son entourage et son parti, cette politique d’accueil devient un étendard. Il veut montrer que l’Espagne fait le choix d’une migration « légale, sûre et ordonnée », à contre-courant du durcissement observé dans d’autres pays de l’Union européenne.

Cette approche pragmatique suscite des réactions très tranchées. Le patronat espagnol, confronté à des pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs, a salué publiquement cette mesure. Mais l’opposition ne décolère pas. Le Parti populaire, à droite, qualifie la régularisation massive de politique « insensée ». Le parti d’extrême droite Vox, lui, parle carrément « d’invasion migratoire ». L’Espagne est devenue un laboratoire européen en matière d’immigration. Reste à savoir si l’administration parviendra à traiter tous ces dossiers dans les délais et quel sera l’impact concret sur le marché du travail et la société espagnole.

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