Faits Divers
L’ex-Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana condamné à 3 ans et 9 mois de prison
Pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, l’ancien chef du gouvernement guinéen écope de trois ans et neuf mois de prison ferme. Il devra…


Pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, l’ancien chef du gouvernement guinéen écope de trois ans et neuf mois de prison ferme. Il devra aussi verser près de 300 000 euros à l’État et ses avoirs liés à ces affaires sont confisqués.
La chambre d’appel de la Cour de répression des infractions économiques et financières a rendu son verdict jeudi. Ibrahima Kassory Fofana, ex-Premier ministre d’Alpha Condé entre 2018 et 2021, a vu sa peine réduite par rapport aux cinq ans prononcés en première instance. Les juges l’ont en revanche relaxé des accusations de détournement de deniers publics, un soulagement partiel. Les faits qui lui sont reprochés portent sur 15 milliards de francs guinéens, soit plus d’1,6 million d’euros. Cet argent était destiné à la gestion de la pandémie de Covid-19 et à des programmes économiques et sociaux sous l’ère Condé.
Incarcéré depuis avril 2022, l’ex-Premier ministre n’a jamais comparu devant la cour, invoquant des problèmes de santé. Il purge sa peine dans une clinique et devrait sortir prochainement, une fois sa peine effectuée. Son avocat, Me Sidiki Bérété, a annoncé un pourvoi en cassation devant la Cour suprême. « Nous croyons fermement à l’innocence de notre client », a-t-il déclaré. Cette affaire s’inscrit dans une vaste campagne anti-corruption lancée par la junte au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2021. Mais les militaires, dirigés par Mamadi Doumbouya, sont accusés de cibler principalement les anciens responsables et les voix dissidentes.
Depuis la prise de pouvoir de la junte, le paysage politique guinéen s’est resserré. Plusieurs partis ont été suspendus, les manifestations interdites et réprimées, et de nombreuses figures de l’opposition ou de la société civile ont été arrêtées, condamnées ou poussées à l’exil. Les disparitions forcées et les enlèvements de critiques se sont multipliés. Mamadi Doumbouya, qui s’était engagé à rendre le pouvoir aux civils après une transition, a été élu président pour sept ans fin décembre dernier. La lutte contre la corruption, pourtant proclamée comme priorité, semble servir aussi à verrouiller le pouvoir.
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