Société
Claire a travaillé 30 ans sans salaire dans la boulangerie familiale. Aujourd’hui, elle risque de toucher
Ils ont construit leur vie autour d’un fournil à Saint-Malo. Mais à l’heure de la retraite, Claire et Marc découvrent un déséquilibre flagrant. Claire a…


Ils ont construit leur vie autour d’un fournil à Saint-Malo. Mais à l’heure de la retraite, Claire et Marc découvrent un déséquilibre flagrant. Claire a passé des années à vendre et gérer le commerce sans être déclarée un véritable statut de salariée n’a été trouvé qu’en 2006. Résultat aujourd’hui Marc peut espérer 1 600 euros de pension, Claire seulement 600 euros. Le couple cherche des solutions pour éviter que Claire ne soit financièrement dépendante.
Derrière le comptoir de leur boulangerie, Claire et Marc ont partagé trente ans de farine et de croissants. Mais le partage des retraites, lui, est loin d’être équitable. Marc a racheté le fonds seul à 25 ans et s’est toujours versé un salaire de boulanger. Claire, elle, a rejoint l’aventure sans être déclarée. Pendant des années, elle a travaillé sans cotiser. Une loi de 2006 a obligé Marc à choisir un statut pour elle. Le couple a opté pour le salariat. Depuis, Claire touche 1 800 euros bruts par mois, contre 3 500 pour Marc. Mais le mal est fait. Sa carrière est trop courte pour une retraite décente. En couple, elle ne peut pas non plus bénéficier du minimum vieillesse car les revenus de Marc sont pris en compte. Ils cherchent donc des parades pour réduire cet écart.
Le couple anticipe aussi les coups durs. Si Marc décède avant Claire, elle touchera une pension de réversion égale à 54% de ce qu’il aurait perçu. Pour renforcer ce filet, ils souscrivent une assurance décès qui versera 50 000 euros à Claire. Mais il y a aussi la question de la boulangerie elle-même. Mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts, Marc est seul propriétaire du commerce puisqu’il l’a acheté avant le mariage. Pourtant, Claire y a investi son temps et son énergie. Pour éviter qu’elle soit démunie en cas de divorce ou de décès, plusieurs options existent. La récompense permet à la communauté d’être remboursée des travaux payés avec les revenus communs. La donation entre époux donne une partie du fonds à Claire. Mais le couple choisit une autre solution.
Ils décident de transformer l’entreprise individuelle en société. Marc apporte le fonds à une SARL ou une SAS et reçoit des parts. Il donne ensuite à Claire une partie de ces parts pour une valeur de 80 724 euros, soit l’abattement fiscal maximal entre époux. Aucun droit de donation à payer. Claire devient associée. En l’absence d’enfants, au décès de l’un ou l’autre, le conjoint survivant hérite de tout sans droits de succession. Quand ils vendront la boulangerie, Claire percevra directement une fraction du prix. Le couple peut maintenant préparer la cession sereinement, en évaluant le fonds, en respectant les formalités et en assurant la transition avec le repreneur. Une victoire pour celle qui a passé trente ans derrière le fournil sans jamais compter ses heures.
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