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L’avenir de 670 emplois dans le papier suspendu à une offre de dernière minute

Le banquier Matthieu Pigasse a déposé une offre de reprise pour Fibre Excellence, dernier grand producteur français de pâte à papier. Mais tout reste à…

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L'avenir de 670 emplois dans le papier suspendu à une offre de dernière minute

Le banquier Matthieu Pigasse a déposé une offre de reprise pour Fibre Excellence, dernier grand producteur français de pâte à papier. Mais tout reste à jouer : l’État doit mettre la main au porte-monnaie pour que le projet tienne.

C’est jeudi soir que le groupe du financier Matthieu Pigasse a transmis son dossier au tribunal de commerce de Toulouse. L’offre est portée par sa société Combat, accompagnée de deux fonds gérés par les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. D’autres investisseurs de la filière bois et papier doivent encore rejoindre le tour de table. Mais dans l’entourage de Pigasse, on prévient : rien n’est gagné. L’État doit être au rendez-vous, notamment sur le prix de rachat de l’électricité produite par les usines et sur les conditions d’approvisionnement en bois.

Concrètement, trois points bloquent. D’abord, le tarif auquel l’usine de Saint-Gaudens revend son électricité issue de la biomasse. Ensuite, le coût du bois, qui a bondi de 50% ces dernières années et met Fibre Excellence en difficulté. Enfin, la réintégration du site de Saint-Gaudens dans le système européen des quotas carbone. Sans ces garanties, le repreneur ne peut pas assurer la viabilité du projet. Le gouvernement propose déjà une hausse de 20% du tarif de rachat de l’électricité, mais sans dire sur quels volumes. De son côté, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, salue une offre « sérieuse et financée » mais réclame un geste financier plus net de l’État.

En jeu : 670 emplois directs sur les deux dernières grandes usines françaises de pâte à papier, à Saint-Gaudens et Tarascon. Le groupe avait été placé en redressement judiciaire fin avril après que son actionnaire indonésien, Jackson Wijaya, a refusé d’investir davantage. La direction actuelle avait même retiré sa propre offre de reprise le 22 juin pour laisser la place à Pigasse. Lundi, une audience au tribunal de commerce de Toulouse doit permettre de présenter l’offre. Mais le sort de ces emplois dépendra surtout de la réponse de l’État sur les conditions énergétiques et forestières.

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