Économie
Jean Castex étrille les concurrents qui laissent tomber les petites gares
Le patron de la SNCF dénonce des compagnies qui ne desservent que les lignes les plus rentables. Il défend l’arrêt dans les villes intermédiaires comme…


Le patron de la SNCF dénonce des compagnies qui ne desservent que les lignes les plus rentables. Il défend l’arrêt dans les villes intermédiaires comme Libourne ou Angoulême, au nom de l’aménagement du territoire.
Jean Castex ne mâche pas ses mots. Jeudi 2 juillet, lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, le PDG de la SNCF a violemment critiqué les compagnies concurrentes qui, selon lui, ne s’intéressent qu’aux trajets les plus lucratifs. « Si vous desservez Paris-Bordeaux directement, sans vous arrêter, c’est rentable. Si vous commencez à vous arrêter dans les villes intermédiaires, ça l’est beaucoup moins », a-t-il expliqué. Pour lui, il est « pas normal » que des concurrents ignorent des gares comme Libourne, Angoulême ou Poitiers. Alors que la France a ouvert ses lignes ferroviaires à la concurrence sous l’effet des règles européennes, Castex veut que ces opérateurs respectent aussi une logique de service public. Trenitalia, seul rival actuel sur une ligne 100% française (Paris-Lyon-Marseille), n’est pas le seul visé. D’autres entreprises préparent leur arrivée sur les rails à grande vitesse.
Mais Castex insiste sur un autre obstacle bien plus immédiat que la concurrence. « Mon problème numéro un, c’est pas l’ouverture à la concurrence : c’est le manque de trains », a-t-il lancé. La demande explose 20% de trafic TGV supplémentaire depuis 2019, et 45% pour les TER. Jamais la SNCF n’a transporté autant de monde. Pourtant, le matériel manque. « S’il y a des fabricants dans la salle, qu’ils se dépêchent de me livrer », a-t-il ajouté, mi-sérieux mi-agacé. Une manière de rappeler que la croissance du rail se heurte à des contraintes industrielles concrètes, bien loin des débats théoriques sur la concurrence.
Face à cette situation, Castex appelle le législateur à rééquilibrer les règles du jeu. Il veut que les nouveaux entrants soient obligés de desservir des gares moins fréquentées, pour ne pas laisser des territoires entiers sans service. « Où vous vous arrêtez ? Comme les autres ? Ou alors vous contribuez à l’équilibre du système », a-t-il plaidé. Une façon de dire que la rentabilité ne doit pas être le seul moteur. Fin juin, l’Autorité de régulation des transports avait au contraire poussé pour plus de concurrence en abaissant le coût des péages. Le débat est lancé. Pour Castex, l’enjeu est clair continuer à s’arrêter dans toutes les gares, même les plus petites, pour que la France ne se transforme pas en un réseau à deux vitesses.
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