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500 000 civils coincés l’ONU lance l’alerte rouge pour El-Obeid

La ville soudanaise d’El-Obeid est prise en étau par les paramilitaires des Forces de soutien rapide. L’ONU redoute un exode massif et un bain de sang si…

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500 000 civils coincés l'ONU lance l'alerte rouge pour El-Obeid

La ville soudanaise d’El-Obeid est prise en étau par les paramilitaires des Forces de soutien rapide. L’ONU redoute un exode massif et un bain de sang si la communauté internationale n’agit pas immédiatement.

Depuis des mois, El-Obeid, capitale du Kordofan-Nord, subit un siège de plus en plus étouffant. Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) multiplient les frappes de drones sur la ville et ses infrastructures. Des marchés, des écoles, des stations service et le réseau électrique sont visés. Selon le Haut-Commissaire aux droits de l’homme Volker Türk, quinze attaques de drones ont été recensées entre le 6 et le 28 juin. Elles ont tué au moins 45 civils et blessé 41 autres. Mais le bilan réel est probablement bien plus lourd. Les axes d’approvisionnement sont coupés, le carburant devient rare et beaucoup de familles n’ont plus les moyens de fuir. Ceux qui restent risquent l’arrestation arbitraire ou d’être accusés de collaboration, dans un climat de haine qui monte.

Le scénario rappelle celui d’El-Facher, une ville du Darfour tombée l’an dernier sous le contrôle des FSR après des exactions massives. Aujourd’hui, El-Obeid abrite environ 500 000 habitants, dont déjà 100 000 personnes déplacées par la guerre. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) craint que jusqu’à 500 000 autres soient poussées sur les routes si l’offensive s’intensifie. « Si nous n’agissons pas maintenant, nous verrons un nouvel El-Facher », a prévenu Mohamed Refaat, chef de mission de l’OIM au Soudan. Volker Türk, lui, parle d’une « alerte rouge » qui doit faire « surchauffer les téléphones des chefs d’État ». Il dénonce aussi « l’économie de la guerre », pointant du doigt des acteurs locaux et étrangers qui continuent de profiter du carnage.

Un débat urgent a eu lieu vendredi au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, réclamé par une vingtaine de pays. Un projet de résolution, soutenu par l’Allemagne, l’Irlande, les Pays-Bas et la Norvège, devrait être examiné lundi. Il appelle à une trêve humanitaire immédiate et condamne fermement l’escalade des violences à El-Obeid. Mais sur le terrain, la population est prise au piège. Ceux qui tentent de fuir se heurtent au coût exorbitant du transport et aux attaques sur les routes. Pendan ce temps, les drones continuent de frapper. La guerre civile, qui oppose depuis avril 2023 l’armée régulière aux FSR, a déjà fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 12 millions de personnes. Le temps presse pour éviter une nouvelle catastrophe.

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