Économie
Un banquier d’affaires se porte candidat au rachat des dernières papeteries françaises
Matthieu Pigasse et ses alliés régionaux ont soumis une offre de reprise pour Fibre Excellence, en redressement judiciaire. Mais le banquier prévient que…


Matthieu Pigasse et ses alliés régionaux ont soumis une offre de reprise pour Fibre Excellence, en redressement judiciaire. Mais le banquier prévient que l’État doit mettre la main à la poche pour que le projet aboutisse.
L’offre a été déposée jeudi soir auprès du tribunal de commerce de Toulouse. Elle est portée par le fonds Combat de Matthieu Pigasse, associé à deux fonds gérés par les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. D’autres investisseurs de la filière bois et papier doivent encore rejoindre le tour de table. Mais rien n’est joué. L’entourage du financier insiste sur un point clé : l’État doit être au rendez-vous, notamment sur le tarif de rachat de l’électricité produite par les usines et sur les conditions d’approvisionnement en bois.
En jeu, le sort de 670 emplois et des deux dernières grandes fabriques de pâte à papier de France, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône). Le groupe a été placé en redressement judiciaire en avril après le refus de son actionnaire indonésien d’investir davantage. L’offre de Pigasse repose sur trois conditions. D’abord, un meilleur tarif de rachat pour l’électricité que produit l’usine de Saint-Gaudens à partir de bois et de copeaux. Ensuite, un approvisionnement en bois facilité par l’Office national des forêts, alors que le cours de cette matière première a bondi de 50% ces dernières années. Enfin, la réintégration du site dans le système européen des quotas carbone. Le gouvernement propose déjà une hausse de 20% du tarif de rachat, mais sans préciser sur quels volumes exactement.
La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, s’est félicitée de cette offre, qu’elle juge réaliste et solide. Elle demande désormais un engagement plus fort de l’État, y compris financier. Une audience est prévue lundi au tribunal de commerce pour présenter l’offre. Le dossier est suivi de près, car il ne s’agit pas seulement de sauver une entreprise mais de préserver une filière industrielle stratégique en France. La balle est désormais dans le camp de l’exécutif.
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