Monde
Des robots de combat autonomes pour l’armée française dès 2027
L’armée française prépare une révolution tactique avec le projet Pendragon. Objectif d’ici deux ans déployer des unités robotiques capables de missions…


L’armée française prépare une révolution tactique avec le projet Pendragon. Objectif d’ici deux ans déployer des unités robotiques capables de missions entièrement autonomes sur le champ de bataille.
Dans les sous-bois bretons du camp de Coëtquidan, des engins sans pilote apprennent à se déplacer seuls. Lancé en mars 2025, le programme Pendragon veut doter l’armée de Terre d’une première unité robotique de combat d’ici l’été 2027. Cette unité comptera une quinzaine de robots terrestres et une soixantaine de drones aériens. Tous devront pouvoir mener des missions offensives, défensives ou de contrôle de zone sans intervention humaine directe. Pour l’état-major, c’est bien plus qu’un simple ajout technique. Le général Pierre Schill, chef de l’armée de Terre, parle d’une « révolution culturelle et tactique » à anticiper dès maintenant.
Ce qui distingue Pendragon des robots déjà utilisés en Ukraine, c’est l’intelligence collective. Sur le front ukrainien, chaque machine est pilotée à distance par un opérateur humain. Ici les robots embarquent leur propre intelligence artificielle, mais aussi une IA partagée entre tous les engins. Un officier du laboratoire du combat futur le résume ainsi : « Pendragon, c’est le coup d’après ». L’idée est que les robots puissent coordonner leurs actions sans ordres détaillés, en s’adaptant au terrain et aux imprévus. Ils pourront être équipés de mitrailleuses, de drones embarqués ou de munitions intelligentes. Mais les responsables insistent : l’humain reste dans la boucle de décision, notamment pour autoriser l’usage de la force. « Ce sont des robots armés, mais pas des robots tueurs », précise le colonel Thibault Capdeville, responsable de l’agence ministérielle pour l’IA de défense.
Les essais en conditions réelles avancent rapidement. À Coëtquidan, ingénieurs et militaires testent des algorithmes de navigation, avec ou sans GPS. Quand un robot bute sur un obstacle ou perd le signal satellite, un petit drone décolle de sa plateforme pour lui tracer la route. L’apprentissage est accéléré par une collaboration inédite entre opérationnels, développeurs et industriels. Le général Benoît Aumonnier, numéro deux du Commandement du combat futur, souligne l’urgence : la technique évolue si vite que le champ de bataille se transforme en continu. Pour lui, les unités robotiques sont déjà indispensables aujourd’hui et le seront encore plus demain. La doctrine d’emploi est en cours d’écriture et sera éprouvée à partir de 2027. L’armée française veut être prête pour cette nouvelle ère du combat terrestre.
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