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Serbie Vucic change de costume pour ne pas perdre le pouvoir

Le président serbe annonce sa démission pour se présenter aux législatives. L’opposition dénonce une manœuvre pour se maintenir au pouvoir.

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Serbie Vucic change de costume pour ne pas perdre le pouvoir

Le président serbe annonce sa démission pour se présenter aux législatives. L’opposition dénonce une manœuvre pour se maintenir au pouvoir.

Samedi 27 juin, à Belgrade, le président Aleksandar Vucic a organisé un meeting démesuré. Robots dansant sur de la musique folklorique, plus grand drapeau du pays long de 500 mètres, spectacle de drones : tout était conçu pour montrer une image d’unité. Devant des centaines de milliers de partisans selon la police (32 500 pour une ONG), il a fait une annonce choc. Il démissionnera de la présidence dans quelques semaines pour briguer le poste de Premier ministre lors de prochaines élections anticipées. Sa formule est claire : « Je contribuerai à regagner la confiance du peuple. »

Cette annonce intervient après plus d’un an de contestation populaire. Tout a commencé avec l’effondrement d’un auvent à la gare de Novi-Sad, qui a tué 16 personnes. Le bâtiment venait d’être rénové, et les conditions d’attribution du contrat ont suscité des critiques sur la corruption. Le mouvement étudiant a lancé des manifestations qui n’ont cessé de grossir. Vucic, au pouvoir depuis treize ans, est accusé de dérive autocratique. En début d’année, il a aussi dû renoncer à un projet immobilier controversé soutenu par Donald Trump, face à l’indignation générale.

Les analystes voient dans ce changement de poste un scénario déjà vu. En quittant la présidence pour le poste de Premier ministre, Vucic espère garder les rênes du pays, puisque c’est le chef du gouvernement qui détient le plus de pouvoir selon la Constitution serbe. Certains comparent cette manœuvre à celle de Vladimir Poutine entre 2008 et 2012. Mais le chef d’État serbe n’a pas fixé de date précise pour sa démission ni pour la dissolution du Parlement. Il pourrait même revenir sur sa promesse si le vent tourne. Il l’a déjà fait : il avait promis des élections en juillet, mais elles n’ont jamais eu lieu. En cas de scrutin aujourd’hui, son parti l’emporterait avec 47 % des voix s’il fait face à une opposition étudiante divisée. Mais une alliance large pourrait le mettre en danger.

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