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Des drones russes survolent l’Europe pour tester les limites de l’Otan

Une étude britannique révèle que Moscou mène depuis 2024 une campagne de surveillance massive avec des dizaines de drones, ciblant des sites militaires et…

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Des drones russes survolent l'Europe pour tester les limites de l'Otan

Une étude britannique révèle que Moscou mène depuis 2024 une campagne de surveillance massive avec des dizaines de drones, ciblant des sites militaires et nucléaires dans toute l’Europe. L’objectif est clair cartographier les failles des défenses aériennes de l’Alliance.

Ce n’étaient pas des incidents isolés. Entre fin 2024 et début 2026, la Russie a lancé une opération coordonnée d’espionnage aérien contre plus d’une douzaine de pays de l’Otan, ainsi que l’Irlande. L’International Institute of Strategic Studies (IISS) de Londres a recensé 144 intrusions de drones en 18 mois. Les cibles étaient stratégiques le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne ou le Danemark ont tous été survolés sans que l’Alliance ne réagisse collectivement.

Les drones russes, petits, lents et peu coûteux, ont précisément repéré les zones où les radars et les systèmes anti-aériens européens sont inefficaces. Ils ont aussi détecté les failles juridiques de certains pays, qui n’autorisent pas toujours l’interception d’un drone lorsqu’il survole une zone civile. Selon l’IISS, cette campagne a permis à Moscou de « cartographier les failles de la défense aérienne de l’Otan » avec une « impunité considérable ». Les drones étaient souvent lancés depuis des navires commerciaux russes, notamment des pétroliers de la flotte fantôme, qui naviguent sans signaler leur position.

Parmi les sites surveillés, on trouve des installations nucléaires ultra-sensibles. La base de RAF Lakenheath en Angleterre, où les États-Unis ont redéployé des armes nucléaires en juillet 2025, a été survolée. L’Île Longue dans le Finistère, qui abrite des sous-marins nucléaires français, a été visitée par cinq drones en décembre 2025, alors que trois navires fantômes se trouvaient à une centaine de kilomètres des côtes. Les bases belges de Kleine-Brogel et néerlandaises de Volkel, qui stockent des armes nucléaires américaines, ont aussi été ciblées. Aucun de ces drones n’a été capturé ou abattu, ce qui illustre les limites des systèmes européens, conçus pour des avions ou des missiles, pas pour ces engins lents et furtifs.

Pour les experts, cette opération vise à tester les délais de réaction des armées, à cartographier les chaînes logistiques et à exercer une pression psychologique sur les pays survolés. Les incursions ont nettement diminué depuis que plusieurs marines ont commencé à intercepter les navires de la flotte fantôme, comme la Marine française montant à bord du pétrolier Boracay. L’IISS recommande aujourd’hui à l’Otan, à l’Union européenne et à leurs membres de revoir en profondeur leurs règles d’engagement et leurs capacités de lutte anti-drones.

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