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Bonne nouvelle sur les prix alimentaires mais El Niño se profile
L’indice mondial des prix des denrées a légèrement baissé en juin. Pourtant, le phénomène climatique El Niño menace les récoltes à venir.


L’indice mondial des prix des denrées a légèrement baissé en juin. Pourtant, le phénomène climatique El Niño menace les récoltes à venir.
Sur les étals du monde entier, les prix des aliments ont reculé de 0,3% le mois dernier par rapport à mai. C’est une bonne nouvelle pour les consommateurs, mais elle reste fragile. Car si les céréales, le sucre et les produits laitiers coûtent moins cher, d’autres produits comme les huiles végétales et la viande voient leurs prix grimper.
Le recul est surtout porté par les céréales. Le blé, en pleine moisson dans l’hémisphère nord, tire les cours vers le bas. Le maïs aussi baisse, grâce à l’abondance des récoltes sud-américaines. Le sucre, lui, chute de près de 6% sur un mois. En cause : la baisse du prix de l’éthanol au Brésil, qui pousse les producteurs à vendre plus de canne sur le marché alimentaire. Mais cette tendance reste sous tension. Les inquiétudes autour d’El Niño pèsent sur la production en Inde et en Thaïlande, deux géants du sucre.
De l’autre côté, les huiles végétales grimpent de 3,8%. L’huile de palme et celle de colza sont tirées vers le haut par la demande en biocarburants. La viande, elle, continue son ascension : elle atteint un record, portée par le poulet et le bœuf. Résultat : sur un an, les prix alimentaires mondiaux restent en hausse de 2,2%, à cause notamment des tensions au Moyen-Orient qui renchérissent l’énergie.
À plus long terme, El Niño inquiète les experts. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation prévoit certes une très bonne récolte céréalière mondiale en 2026, la deuxième plus élevée jamais enregistrée. Mais les prévisions intègrent déjà les premiers effets du phénomène climatique. Le blé australien, par exemple, devrait souffrir. La production de riz, elle aussi, est attendue en baisse par rapport au record de l’année dernière.
Cette incertitude climatique s’ajoute aux crises déjà visibles. Aujourd’hui, 41 pays dans le monde ont besoin d’une aide extérieure pour nourrir leur population. Trente et un d’entre eux sont en Afrique. Les conflits et les chocs météorologiques poussent des millions de personnes dans l’insécurité alimentaire. La baisse des prix en juin est une bouffée d’oxygène. Mais sans une vigilance accrue sur les récoltes à venir, elle pourrait n’être que de courte durée.





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