Économie
Le Trésor américain met les bouchées doubles pour calmer le marché de la dette
Face à des taux à 30 ans au plus haut depuis 2007, Washington décide de doubler ses rachats d’obligations. Une annonce qui apaise les marchés sur le…


Face à des taux à 30 ans au plus haut depuis 2007, Washington décide de doubler ses rachats d’obligations. Une annonce qui apaise les marchés sur le moment, sans dissiper les craintes sur l’inflation et l’endettement.
Le Trésor américain a créé la surprise en annonçant son intention de porter ses rachats d’obligations à long terme à au moins quatre milliards de dollars par opération, dès septembre. C’est le double du montant habituel. L’objectif est de soutenir la liquidité sur un segment du marché obligataire qui vient de vivre une sacrée secousse, avec des rendements à 30 ans revenus à des niveaux inédits depuis 2007.
Cette décision ne pèse pourtant pas lourd face à l’immensité du marché. Les analystes le rappellent, un tel montant est insignifiant sur un marché de 32 000 milliards de dollars. Mais le geste envoie un signal clair. Le gouvernement américain surveille de près la flambée des coûts de financement, car les taux hypothécaires sont directement liés à la partie longue de la courbe. Une envolée prolongée des rendements serait très mal venue pour l’économie et la Maison-Blanche. Cette annonce survient aussi quelques semaines après que le Trésor a acheté des yens sur le marché des changes, une intervention rare. Elle relance une question importante. Qui, de la Réserve fédérale ou du gouvernement, pèse vraiment sur les conditions de crédit aujourd’hui?
Derrière cette annonce, il y a un contexte beaucoup plus lourd. Les grandes économies doivent emprunter à des niveaux jamais vus depuis plusieurs décennies. Les dettes se sont accumulées depuis la pandémie, les tensions géopolitiques poussent à renforcer les dépenses de défense, et les États doivent aussi financer la protection sociale. La flambée du pétrole liée au conflit en Iran vient encore compliquer le tableau. Aux États-Unis, la dette totale a dépassé pour la première fois les 40 000 milliards de dollars, soit environ 34 200 milliards d’euros. Ce chiffre alimente les craintes d’une dérive budgétaire. Les économistes ajoutent que cette opération de rachat ne règle pas les problèmes de fond, notamment les déficits insoutenables et les pressions inflationnistes. La course à l’IA, qui pousse les géants du numérique à émettre massivement des obligations, ainsi que la réduction des bilans des banques centrales européenne et japonaise, viennent encore ajouter à la pression.
Les marchés ont d’abord réagi favorablement. Le rendement des obligations américaines à 30 ans a reculé de 9 points de base après l’annonce, avant de repartir à la hausse. Il s’établit désormais à 5,2182%, après avoir touché 5,34% en cours de semaine. Le taux à 10 ans, lui, efface une partie de sa baisse précédente et revient à 4,6703%. Au Japon, un pays également confronté à une hausse des dépenses publiques, les taux longs ont nettement baissé. En Europe, l’impact reste limité. Le rendement allemand à 30 ans n’a que légèrement reflué après avoir grimpé à son plus haut niveau depuis quinze ans. En France, où le débat budgétaire s’annonce agité cet automne, l’emprunt d’État français à 30 ans se rapproche des 5%, un seuil que le pays n’avait plus atteint depuis la crise de 2008.
À lire aussi





Faits DiversEn Ligne 6 joursRachida Dati risque de perdre sa mairie dès sa condamnation



PolitiqueEn Ligne 5 joursOlivier Faure accuse Jordan Bardella de mensonge et lui ferme la porte de Matignon



SociétéEn Ligne 4 joursUne Marche des fiertés très politique défile à Paris avant la présidentielle



PolitiqueEn Ligne 5 joursUn million de voitures électriques à 100 euros par mois, la promesse de Glucksmann aux Français modestes



PolitiqueEn Ligne 3 joursBudget 2027, Wauquiez écarte la censure et promet 20 milliards d’économies de plus



PolitiqueEn Ligne 5 joursLa colère des lycées déborde et met l’exécutif sous pression



SociétéEn Ligne 6 joursBlocages de lycées dans toute la France, Lecornu réunit sa cellule de crise



SociétéEn Ligne 3 joursJusqu’à 500 lycées fermés lundi, 24 établissements saccagés








