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Le Mont-Blanc s’effrite à un rythme jamais vu cet été

Les éboulements ont battu tous les records dans le massif du Mont-Blanc pendant la saison chaude. La chaleur extrême fragilise la roche et fait peser une…

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Le Mont-Blanc s'effrite à un rythme jamais vu cet été

Les éboulements ont battu tous les records dans le massif du Mont-Blanc pendant la saison chaude. La chaleur extrême fragilise la roche et fait peser une menace grandissante sur les alpinistes.

Les chiffres donnent le vertige. D’ici la fin de l’été 2026, le massif du Mont-Blanc pourrait enregistrer 450 écroulements, ces plus gros éboulements que les scientifiques recensent. Un niveau jamais atteint, alors que le précédent record datait de 2022 avec 300 événements de ce type. Il y a dix ou vingt ans, on en comptait seulement quelques dizaines, rappelle Ludovic Ravanel, géomorphologue au CNRS et membre de la compagnie des guides de Chamonix.

Pour ce chercheur, le lien avec la hausse des températures ne fait aucun doute. Une large majorité de ces chutes de pierres s’explique par la crise climatique. Le permafrost, ces terrains gelés en permanence depuis des millénaires, joue un rôle de ciment dans les fissures de la roche. Quand la glace fond, elle cesse de tenir les parois, et la montagne se délite. Les glaciers, eux, agissent comme des contreforts. En perdant de l’épaisseur, ils décompriment les versants et favorisent les effondrements.

La chaleur de cet été ne va pas disparaître aussi vite que la canicule. Même si les températures redeviennent négatives en altitude et que la neige fait son retour, la chaleur accumulée continuera de pénétrer les terrains pendant des mois, jusqu’en janvier selon le scientifique. Résultat, les plus gros éboulements sont à attendre pour l’automne, même s’ils seront moins fréquents. Une mauvaise nouvelle pour la stabilité des parois, mais aussi pour les alpinistes.

Plusieurs accidents mortels ont déjà eu lieu cet été dans le massif. En juillet, deux touristes tchèques sont morts sur la voie normale du mont Blanc, et en août un homme de 31 ans a été tué près de l’Aiguille du Génépi. Des vidéos impressionnantes de chutes de pierres circulent sur les réseaux sociaux, notamment dans le couloir du Goûter, l’une des zones les plus redoutées de l’ascension. Au point que le maire de Saint-Gervais a fermé par arrêté deux refuges d’étapes, dont celui du Goûter, comme en août 2022.

Ludovic Ravanel pointe aussi le danger pour les infrastructures, refuges et remontées mécaniques. Mais il ne plaide pas pour une fermeture totale de la haute montagne, qu’il décrit comme un espace de liberté. Selon lui, les alpinistes font preuve d’autonomie et ne s’aventurent pas davantage en période de canicule. L’augmentation des accidents viendrait surtout de la fréquentation croissante des villages de montagne, de plus en plus prisés.

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