Monde
Le Bangladesh place un vétéran de l’opposition à sa présidence
Après des années de lutte et d’arrestations, Mirza Fakhrul Islam Alamgir devient le nouveau président du Bangladesh. Un mandat de cinq ans qui marque la…


Après des années de lutte et d’arrestations, Mirza Fakhrul Islam Alamgir devient le nouveau président du Bangladesh. Un mandat de cinq ans qui marque la fin d’une époque.
Le Parlement du Bangladesh a choisi jeudi le candidat du parti au pouvoir pour occuper la présidence, un rôle surtout honorifique. Mirza Fakhrul Islam Alamgir, 78 ans, a recueilli 255 suffrages contre 88 pour son rival Oli Ahmed, porté par une coalition de onze formations menée par Jamaat-e-Islami. L’homme devient ainsi le 23e président de l’histoire du pays.
Mais ce score ne raconte pas tout. Alamgir est une figure historique du Parti nationaliste du Bangladesh, dont il a été secrétaire général, et un ancien ministre des Collectivités locales. Il a passé de longues années dans l’opposition sous le régime de Sheikh Hasina, avec plusieurs passages par la prison. Avant le vote, il confiait n’avoir jamais imaginé accéder à ce poste. Il disait vouloir rester aux côtés du peuple et le servir. Il a aussi esquissé son rêve pour le pays, un État-providence où les plus démunis et les travailleurs à la journée pourraient se permettre de manger deux fois par jour. La Chine, alliée de longue date du Bangladesh, a déjà adressé ses félicitations en évoquant un avenir commun dans cette nouvelle ère.
Cette élection s’inscrit dans un bouleversement politique majeur. En février, le BNP du Premier ministre Tarique Rahman a remporté haut la main les premières élections depuis l’insurrection de 2024 qui a fait tomber Sheikh Hasina. Le scrutin de jeudi était nécessaire après la démission en juillet de l’ancien président Mohammed Shahabuddin, un proche de l’ex-dirigeante, contraint de quitter ses fonctions alors que son mandat devait courir jusqu’en 2028. Sheikh Hasina, réfugiée en Inde, a été condamnée à mort en novembre 2025 pour son rôle dans la répression de cette insurrection. Son gouvernement est accusé de détentions arbitraires et d’exécutions extrajudiciaires d’opposants.
Le parcours d’Alamgir plonge dans les racines du Bangladesh moderne. Né en janvier 1948, il étudiait l’économie à l’université de Dacca quand il s’est engagé en politique. Il a été l’un des leaders étudiants du soulèvement de 1969 contre le régime militaire pakistanais, épisode qui a conduit à l’indépendance du pays. Il a ensuite enseigné, rejoint la fonction publique, puis enchaîné les responsabilités ministérielles. Pendant les quinze ans de pouvoir de Sheikh Hasina, il a incarné une opposition affaiblie, avec la cheffe historique du BNP Khaleda Zia détenue et son fils Tarique Rahman en exil. Aujourd’hui, c’est lui qui occupe la fonction suprême, même si le pouvoir réel reste entre les mains du gouvernement.
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