Économie
Schneider Electric met plus de 20 milliards d’euros sur le logiciel industriel
Le groupe français s’offre l’américain PTC, une opération record qui dépasse les 20 milliards d’euros. Objectif affiché, faire tenir ensemble l’usine…

Le groupe français s’offre l’américain PTC, une opération record qui dépasse les 20 milliards d’euros. Objectif affiché, faire tenir ensemble l’usine réelle, les logiciels et l’intelligence artificielle.
C’est la plus grosse acquisition jamais réalisée par Schneider Electric. Le spécialiste français des équipements électriques et de l’automatisme industriel a mis la main sur PTC, un éditeur de logiciels américain installé à Boston, dans le Massachusetts, pour un montant qui franchit les 20 milliards d’euros.
Les chiffres donnent le vertige. Schneider propose 205 dollars par action, payés intégralement en numéraire, pour acquérir la totalité du capital. Les fonds propres de PTC ressortent ainsi à environ 22,6 milliards de dollars, soit 20,1 milliards d’euros, et la valeur implicite de l’entreprise grimpe à 23,7 milliards de dollars, autrement dit 21,1 milliards d’euros. Une offre généreuse, avec une prime de 42,3% par rapport au dernier cours de clôture et de 46,1% sur la moyenne pondérée des trente séances de Bourse précédentes.
Pour Schneider Electric, l’enjeu dépasse le simple portefeuille de clients. Le groupe veut marier ses équipements physiques avec les outils numériques de PTC et l’intelligence artificielle, de la conception d’un produit jusqu’à sa maintenance, en passant par son exploitation. « Nous pensons que nous sommes à un tournant de notre histoire, mais aussi de celle de notre secteur d’activité », a résumé son directeur général Olivier Blum, pour qui un système numérique complet accélère nettement les bénéfices côté client. « Ensemble, nous créons un des portefeuilles les plus complets et qualitatifs du marché dans les logiciels industriels et l’IA, reliant les mondes physique et digital », a-t-il ajouté. Neil Barua, le patron de PTC, y voit un moyen d’élargir la portée de solutions dont les plus grands fabricants et entreprises industrielles de la planète ont besoin pour concevoir, fabriquer et entretenir leurs produits, et pour tirer davantage de valeur de leurs données dans un monde de plus en plus façonné par l’IA.
Le marché, lui, a très mal accueilli la nouvelle. L’action Schneider Electric a plongé de près de 9% pour retomber autour de 275 euros, alors que la cote évoluait quasiment à l’équilibre. Les investisseurs redoutent que l’intelligence artificielle ne bouleverse les éditeurs de logiciels et ne pèse durablement sur leurs valorisations. Cette défiance permet justement de racheter PTC à un prix au plus bas depuis dix ans, mais elle pourrait continuer de peser sur le groupe français après l’opération.
Les deux conseils d’administration ont validé le rapprochement à l’unanimité. Schneider Electric attend 250 millions d’euros d’économies annuelles grâce à des synergies de coûts, dans un plan d’exécution déjà identifié et étalé sur trois ans, auxquels s’ajoutent environ 800 millions d’euros de synergies de revenus. La finalisation est espérée d’ici le troisième trimestre 2027, sous réserve des autorisations d’usage. Conséquence de ce calendrier, la publication du chiffre d’affaires du troisième trimestre 2026 sera avancée au 16 octobre 2026.
PTC emploie plus de 7.000 collaborateurs et accompagne plus de 30.000 clients à travers le monde. Coté au Nasdaq, l’éditeur aide les industriels à transformer numériquement leur façon de concevoir, fabriquer et entretenir des produits physiques. Ce virage vers le logiciel s’ajoute à un autre chantier, celui de l’organisation industrielle française de Schneider Electric, qui doit renforcer sa compétitivité avec une fermeture d’usine dans la Vienne, des regroupements de sites dans l’Eure et un investissement de 150 millions d’euros dans ce département.
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