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Le budget français plombe Paris et fait plonger l’euro

La place parisienne a terminé lundi en net recul, la seule parmi les grandes Bourses européennes à creuser ses pertes. Les doutes sur les finances…

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Le budget français plombe Paris et fait plonger l'euro

La place parisienne a terminé lundi en net recul, la seule parmi les grandes Bourses européennes à creuser ses pertes. Les doutes sur les finances publiques du pays pèsent désormais autant sur la monnaie unique que sur les actions.

Clôture en ordre dispersé pour les marchés actions du Vieux Continent. Le CAC 40 a lâché 0,80 %, à 7.834,10 points, quand Francfort sauvait à peine la mise avec 0,06 % de hausse et Londres engrangeait 0,34 %. L’EuroStoxx 50 a cédé 0,03 %, le FTSEurofirst 300 a progressé de 0,24 % et le Stoxx 600 de 0,28 %. Derrière ces écarts, une évidence. Paris rame pendant que ses voisines avancent.

Le gouvernement a dévoilé jeudi son projet de budget pour 2027, bâti sur 43 milliards d’euros d’économies. Le lendemain, l’agence Moody’s a livré un diagnostic pessimiste sur la situation politique et économique du pays. Rien ne garantit, selon elle, qu’un compromis soit trouvé au Parlement sur ce projet de loi de finances. Les statistiques publiées la semaine précédente par l’Insee ont ajouté au malaise. La dette publique a grimpé à 119,0 % du PIB à la fin du deuxième trimestre, au-delà des sommets atteints pendant la crise sanitaire. L’écart de rendement entre les obligations allemandes et françaises touche des niveaux records, et la monnaie unique en fait les frais. Chez Saxo, on résume la donne sans détour, la France est devenue le facteur déterminant des primes de risque de l’euro.

Le problème ne s’arrête pas aux frontières françaises. Les investisseurs redoutent une propagation de ces tensions au reste du bloc monétaire. Partout, les rendements obligataires restent sous pression, dopés par la flambée des prix de l’énergie provoquée par le conflit au Moyen-Orient et par l’absence de percée sur le terrain diplomatique.

Sur le front des valeurs, Schneider Electric a décroché de 9,97 %, lanterne rouge du CAC 40, après avoir annoncé le rachat de la totalité du capital de l’Américain PTC, spécialiste des logiciels industriels, sur une base de 22,6 milliards de dollars, soit 20,2 milliards d’euros. Hermès a perdu 1,04 %, lesté par une recommandation à la vente de Goldman Sachs, qui démarre le suivi du titre. Ailleurs en Europe, Mediobanca a chuté de 5,14 %, sa rivale Intesa Sanpaolo ayant obtenu le soutien du principal actionnaire de Monte dei Paschi di Siena pour une offre publique d’achat relevée. À New York, à l’heure de la clôture européenne, les indices partaient dans tous les sens, le Dow Jones perdant 0,06 % tandis que le S&P 500 gagnait 0,50 % et le Nasdaq Composite 0,77 %.

Les indicateurs du jour ont brossé un tableau contrasté. En France, les services renouent avec la croissance pour la première fois depuis la fin de l’année dernière, l’indice PMI définitif remontant à 51,2 en septembre, après 48,0 en août. En Allemagne, le secteur affiche une solide expansion portée par une demande vigoureuse, avec 52,9 après 49,7. Dans la zone euro, l’activité du privé a signé sa plus forte progression depuis près de trois ans et demi, à 53,0 après 51,6. Au Royaume-Uni, les coûts s’envolent et les prix suivent, le PMI ressortant à 52,1 contre 52,5 en août. Aux États-Unis, la croissance des services ralentit plus que prévu, à 54,9. L’indice Sentix de la zone euro a lui plongé à 2,7 en octobre, loin des 5,0 attendus et des 5,1 de septembre. Les prix à la production de la zone euro ont bondi de 8,2 % sur un an en août, après 5,8 % en juillet.

Sur le marché des changes, l’euro est tombé à son plus bas depuis dix-sept mois face au dollar, miné par les inquiétudes budgétaires françaises et par la vague de ventes qui a secoué le marché obligataire la semaine passée. La devise européenne abandonne 0,36 %, à 1,1212 dollar, pendant que le billet vert gagne 0,24 % face à un panier de références. Les taux restent tendus. Le rendement du dix ans américain monte à 5,3259 %, celui du Bund allemand à 3,4923 %, celui de l’OAT française à 4,8585 %. L’écart franco-allemand à dix ans revient à 136 points de base.

Le pétrole recule. Les exportations de brut du Moyen-Orient ont dépassé en septembre leurs niveaux d’avant-guerre, les producteurs du Golfe ayant augmenté leurs livraisons malgré les attaques visant les navires qui traversent le détroit d’Ormuz. La moyenne mobile sur sept jours atteignait 18,3 millions de barils au 30 septembre. Le Brent perd 1,24 %, à 100,98 dollars le baril, et le WTI 1,15 %, à 90,06 dollars.

Au Brésil, la Bourse de São Paulo a bondi de plus de 9 % après la surprise du premier tour de la présidentielle. Le candidat de droite Flavio Bolsonaro a déjoué les sondages et viré en tête devant Lula, le président de gauche sortant. Le second tour se tiendra le 25 octobre.

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