Monde
Ebola s’embrase dans l’est de la RDC et MSF redoute une aggravation
Près de 40 % des nouveaux cas confirmés d’Ebola en République démocratique du Congo proviennent désormais de la seule province du Nord-Kivu. L’ONG…

Près de 40 % des nouveaux cas confirmés d’Ebola en République démocratique du Congo proviennent désormais de la seule province du Nord-Kivu. L’ONG Médecins sans frontières alerte sur des capacités de soins dépassées et sur une propagation difficile à freiner.
La situation sanitaire se dégrade dans l’est de la République démocratique du Congo. Depuis le début du mois de septembre, la province du Nord-Kivu affronte une flambée jugée inquiétante de l’épidémie d’Ebola, selon Médecins sans frontières. La région concentre aujourd’hui près de 40 % des nouveaux cas confirmés dans le pays, contre 24 % fin août. Une accélération que l’Organisation mondiale de la santé avait déjà pointée à la mi-septembre, évoquant une progression exponentielle et un doublement des décès hebdomadaires durant la première quinzaine du mois.
Sur le terrain, les équipes décrivent une lutte presque impossible à mener. « Dans cette épidémie, nous sommes comme des pompiers confrontés à un mégafeu, avec de multiples foyers simultanés, d’intensité variable, et éloignés les uns des autres », résume Stéphanie Hoffmann, responsable du Centre de traitement Ebola de MSF à Butembo. La maladie, partie de la province de l’Ituri, s’est répandue dans sept provinces du pays. Trois d’entre elles, l’Ituri, le Nord-Kivu et le Haut-Uélé, abritent la majorité des cas. Le virus en circulation, de souche Bundibugyo, reste particulièrement redoutable puisqu’il n’existe encore ni vaccin ni traitement spécifiquement dirigés contre lui. D’après les comptages de l’OMS au 2 octobre, la maladie a causé 4 082 morts pour 8 463 cas depuis son apparition.
Les capacités de prise en charge constituent le point faible de la réponse. Au 28 septembre, 34 % des cas positifs étaient encore traités dans des structures sanitaires non spécialisées, faute de lits dans les centres dédiés et en raison de retards de diagnostic. Ces établissements ne bénéficient d’aucun soutien particulier pour gérer la maladie, ce qui fait grimper le risque de contamination entre patients et soignants. « Il est impossible d’endiguer cette épidémie de grande ampleur tant que de nouveaux foyers continuent de se multiplier à mesure que le virus se propage dans le nord du Nord-Kivu. Nous ne pouvons que craindre une aggravation de la situation dans les semaines à venir », prévient Mme Hoffmann.
Face à ce tableau, MSF appelle à une mobilisation urgente de tous les acteurs afin d’augmenter sans délai les capacités de soins et de garantir un accès à des soins de qualité à Butembo comme dans l’ensemble du Nord-Kivu. La RDC avait déclaré sa 17e épidémie d’Ebola à la mi-mai, avec plusieurs semaines de retard. Une maladie extrêmement meurtrière, qui a déjà tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des cinquante dernières années.
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