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La Malaisie renvoie 1 500 Birmans vers un pays ravagé par la guerre
La Malaisie a entamé le renvoi de près de 1 500 personnes d’origine birmane vers un pays en proie à une guerre civile sans fin. L’ONU et les défenseurs…


La Malaisie a entamé le renvoi de près de 1 500 personnes d’origine birmane vers un pays en proie à une guerre civile sans fin. L’ONU et les défenseurs des droits humains redoutent un retour vers de nouveaux dangers.
Les bus sont arrivés sous escorte policière. Direction un stade situé près de la base navale de Lumut, dans le nord-ouest de la Malaisie. Là, près de 1 500 personnes d’origine birmane ont été prises en charge avant de monter à bord de navires de la marine birmane venus les récupérer. C’est la première vague d’un programme qui doit concerner 5 000 personnes au total. Toutes auraient accepté un retour présenté comme volontaire depuis les centres de rétention.
Pour les autorités malaisiennes, ces exilés constituent un « problème hérité ». Le ministère de l’Intérieur évoque un poids financier lourd, des tensions sociales et des menaces pour la sécurité du pays. Il affirme que 95% des demandeurs d’asile étrangers viennent de Birmanie. Plus de 10 000 Birmans sont aujourd’hui enfermés dans des centres de rétention. La Malaisie, elle, n’a jamais signé la convention de 1951 sur les réfugiés et ne reconnaît pas ce statut.
Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés se dit inquiet. Selon lui, les combats et les violations généralisées des droits humains empêchent tout retour « sûr, digne et durable ». Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, avertit que beaucoup risquent de subir à nouveau les violences qu’ils ont fuies. Il appelle à protéger ces personnes et à tenir compte de leur droit de demander l’asile.
Les Rohingyas pèsent lourd dans ces chiffres. Cette minorité musulmane représente les deux tiers des 190 000 réfugiés et demandeurs d’asile birmans présents en Malaisie. Des centaines de milliers d’entre eux ont quitté leur pays après une opération militaire d’une rare violence en 2017. Cette campagne fait l’objet d’une procédure pour génocide devant la Cour internationale de justice. Ni la Malaisie ni la Birmanie n’ont indiqué combien de Rohingyas figuraient parmi les personnes renvoyées.
Le volet politique inquiète tout autant. Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim souhaite inviter Min Aung Hlaing, l’homme derrière le coup d’État de 2021 et désormais à la présidence, pour discuter de la suite du programme. Plus de 160 associations de la société civile demandent l’arrêt immédiat des expulsions. Elles préviennent que le rapprochement avec la junte ne doit pas abîmer la réputation du pays. La Birmanie, de son côté, promet un retour « sûr et digne » à ses citoyens.
Un autre élément pèse sur ces personnes. La désinformation en ligne cible les Rohingyas en Malaisie et alimente la xénophobie, tout comme les intimidations contre les défenseurs des droits humains.
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