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Flavio Bolsonaro devance Lula et rebat les cartes de la présidentielle brésilienne

Le sénateur de 45 ans a rassemblé 47 % des voix au premier tour, devant le président sortant de gauche, crédité de 45 %. Son camp a dans le même temps…

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Flavio Bolsonaro devance Lula et rebat les cartes de la présidentielle brésilienne

Le sénateur de 45 ans a rassemblé 47 % des voix au premier tour, devant le président sortant de gauche, crédité de 45 %. Son camp a dans le même temps réalisé une percée massive au Parlement, ce qui change la donne avant le second tour du 25 octobre.

Le premier tour de la présidentielle brésilienne a accouché d’un scénario que peu de monde annonçait. Flavio Bolsonaro, sénateur de 45 ans, a rassemblé 47 % des suffrages, laissant le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva à 45 %. La veille encore, les enquêtes d’opinion plaçaient le chef de l’État de gauche légèrement en tête. Le second tour est fixé au 25 octobre, et le rapport de force s’est inversé.

Le score du fils de Jair Bolsonaro ne tient pas seulement à sa dynamique personnelle. Avec 56 millions de bulletins en sa faveur, il fait mieux que son père, crédité de 49 millions de voix lors de sa victoire en 2018 et de 51 millions au moment de sa défaite face à Lula en 2022. Son parti, le Parti libéral, a quasiment doublé sa représentation au Sénat, grimpant de 15 à 28 sièges, porté notamment par l’élection de l’ancienne première dame Michelle Bolsonaro. La Chambre des députés a connu la même poussée, avec la réélection de Nikolas Ferreira, 30 ans, figure de la nouvelle génération conservatrice, qui a réuni trois millions de voix, un record pour un député dans le pays.

Les marchés ont réagi sans attendre, la Bourse de Sao Paulo gagnant plus de 8 % à l’ouverture. Il faut dire que Flavio Bolsonaro était encore peu connu à l’échelle nationale il y a quelques mois. Il se présente aujourd’hui comme « plus modéré » que son père, qui purge à domicile une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d’État contre Lula.

À 80 ans, Lula visait un quatrième mandat non consécutif. Il a reconnu un résultat « inattendu » et lancé à Sao Paulo que son camp abordait désormais les « prolongations », le moment selon lui de convaincre les Brésiliens. Sa campagne a beaucoup tourné autour de la défense de la souveraineté nationale, face aux surtaxes douanières imposées par le président américain Donald Trump, et autour de l’héritage des programmes sociaux qui ont sorti des millions de personnes de la misère durant ses deux premiers mandats, entre 2003 et 2010.

En face, le candidat de droite promet une discipline budgétaire plus stricte et la manière forte contre l’insécurité qui progresse. « La fin de l’ère du PT est décrétée, le changement dans notre pays est arrivé », a-t-il affirmé à Brasilia.

Pour une politologue brésilienne, ce vote est à la fois un soutien au bolsonarisme et un rejet du Parti des travailleurs. Elle rappelle aussi un point d’histoire électorale. Depuis la fin de la dictature militaire en 1985, le candidat arrivé en tête du premier tour a toujours fini par l’emporter. Lula garde donc ses chances, mais l’obstacle est réel. Il devra aller chercher les quelque 21 % d’électeurs qui se sont abstenus, sans oublier ceux qui ont voté blanc. Flavio Bolsonaro, lui, peut espérer le report des voix des autres candidats, qui ont totalisé environ 8 % et se situent pour la plupart à droite. La mémoire de 2022 reste vive, quand Lula avait battu Jair Bolsonaro avec seulement 1,8 point d’écart.

À l’étranger, les soutiens n’ont pas tardé. Le président argentin Javier Milei a félicité Flavio Bolsonaro sur le réseau social X, qualifiant Lula de « communiste ». En Colombie, le nouveau président Abelardo de la Espriella a écrit que son cœur était avec le Brésil et que le véritable changement passait par une défaite de la gauche. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lui a souhaité une « grande victoire » au second tour. Donald Trump, lui, n’a pas apporté de soutien explicite au fils de son allié, mais il avait assuré suivre la présidentielle brésilienne de très près. Son secrétaire d’État Marco Rubio a estimé que tout le monde s’attendait à voir Flavio Bolsonaro en tête du premier tour, avant d’ajouter qu’il fallait voir comment la situation évoluerait.

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