Économie
Les Bourses européennes tentent un rebond, l’euro reste sous pression
Les marchés actions du Vieux Continent devraient ouvrir en légère hausse mardi, portés par la tech américaine et la détente du pétrole. En arrière-plan…


Les marchés actions du Vieux Continent devraient ouvrir en légère hausse mardi, portés par la tech américaine et la détente du pétrole. En arrière-plan, la dette française et des rendements obligataires au plus haut continuent de fragiliser l’euro.
Les places boursières européennes devraient repartir doucement à la hausse. Le CAC 40 parisien, qui a fait moins bien que ses voisins la veille, pourrait regagner autour de 0,3% dès l’ouverture. Les contrats à terme dessinent la même tendance pour Francfort, avec un Dax attendu en progression de 0,28%, pour Londres, où le FTSE avance de 0,35%, et pour l’indice paneuropéen Stoxx 600, qui grappillerait 0,3%.
Deux moteurs soutiennent cette petite reprise. La performance du secteur technologique à Wall Street a redonné un peu d’allant, et les cours du pétrole se sont stabilisés, ce qui éloigne légèrement la menace inflationniste. Le tableau reste pourtant loin d’être dégagé. Les rendements obligataires évoluent tout près de leurs sommets de plusieurs décennies et ont même inscrit de nouveaux pics aux États-Unis, après une enquête montrant que l’indice des prix payés par les entreprises de services pour leurs achats avait bondi à son plus haut de plus de quatre ans.
Dans la zone euro, c’est surtout le dossier budgétaire français qui inquiète. Les doutes sur la trajectoire des finances publiques du pays, deuxième économie du bloc, pèsent à la fois sur l’OAT et sur l’euro, qui flirte avec ses plus bas depuis dix-sept mois face au dollar. Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a prévenu lundi qu’en l’absence de mesures pour assainir les comptes publics, le pays risquait d’être « étranglé » par les intérêts de sa dette. Pour Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB, ce que l’on observe sur le marché obligataire a des répercussions directes sur la monnaie unique, mais aussi sur les actions, à cause de l’effet possible sur les résultats des entreprises.
Aux États-Unis, la place new-yorkaise a terminé dans le vert, le Dow Jones prenant 0,18%, le S&P 500 0,66% et le Nasdaq Composite 1,05%. Nvidia s’est distingué avec une hausse de 2,1% et un record en clôture, ce qui porte sa capitalisation boursière à 5.760 milliards de dollars. En Asie, le Nikkei de Tokyo avance de 1,14%, dans le sillage américain. La Banque du Japon pourrait reconnaître ce mois-ci que l’inflation sous-jacente a globalement atteint sa cible de 2%, selon trois sources proches du dossier, ce qui conforte sa volonté de relever encore ses taux dans les mois à venir. Les marchés chinois continentaux restent fermés jusqu’au 7 octobre pour la Fête nationale, tandis que Hong Kong gagne 0,75%.
Sur le front des taux, le rendement du dix ans américain se situe à 5,3154%, après un pic à 5,3493%, au plus haut depuis 2002. Le deux ans recule légèrement à 4,8268%. Le dollar grappille 0,02% face à un panier de devises, quand l’euro cède 0,05% à 1,1215 dollar, après avoir touché la séance précédente son plus bas depuis mai 2025. Joseph Capurso, stratège chez Commonwealth Bank of Australia, se montre franchement pessimiste et table sur une chute sous 1,10 dollar. Il explique qu’une remontée de l’euro demanderait soit un net repli du pétrole, soit un regain d’anticipations de resserrement monétaire en Europe, soit une mobilisation des pays européens pour maîtriser leurs déficits, une hypothèse qu’il juge peu probable à brève échéance.
Du côté du brut, le Brent grappille 0,38% à 100,70 dollars le baril et le WTI prend 0,26% à 89,66 dollars. L’augmentation des exportations de brut venue du Moyen-Orient et la libération par le G7 de 100 millions de barils de leurs réserves stratégiques contribuent à calmer les prix et à apaiser un peu les craintes d’inflation. Philip Lane, chef économiste de la Banque centrale européenne, a souligné lundi que la flambée des prix de l’énergie, la hausse des rendements souverains et la réduction du soutien budgétaire freinent la croissance et pourraient limiter la portée du resserrement de l’institution.
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