Politique
Le Rassemblement national décroche enfin son premier groupe au Sénat
La droite reste la première force de la chambre haute avec 124 sénateurs, malgré sept sièges perdus. Mais le fait marquant de ce renouvellement reste…


La droite reste la première force de la chambre haute avec 124 sénateurs, malgré sept sièges perdus. Mais le fait marquant de ce renouvellement reste l’entrée du Rassemblement national et de ses alliés ciottistes, une première dans l’histoire de l’institution.
Le Sénat n’avait jamais connu ça. Pour la première fois, le Rassemblement national et ses alliés ciottistes de l’Union des droites pour la République disposent d’un groupe parlementaire dans la chambre haute. Baptisé Union nationale pour les territoires, il réunit quinze membres et sera présidé par Edwige Diaz, ancienne députée de Gironde, au lendemain d’un scrutin qui a renouvelé 178 sièges sur 348.
Cette poussée ne fait pas basculer le Sénat pour autant. Les Républicains perdent sept sièges mais restent de très loin la première force de l’assemblée avec 124 sénateurs, contenant l’essentiel de leurs pertes dans le sud-est du pays et dans plusieurs départements, comme l’Aube, la Corrèze ou la Drôme. Derrière eux, la bataille a fait bouger les lignes.
Le groupe de l’Union centriste, rebaptisé Union centriste et indépendants et dirigé par l’UDI Hervé Marseille, atteint son objectif et grimpe à soixante-trois élus, contre cinquante-neuf auparavant. Il ravit ainsi la deuxième place au groupe socialiste, qui compte soixante-deux membres après avoir lâché trois sièges. Un détail loin d’être anodin, le cap des soixante sénateurs correspond au seuil requis pour saisir le Conseil constitutionnel sur un texte de loi. Les socialistes le conservent de justesse, mais encaissent le départ de Bernard Jomier, leur sénateur Place publique, parti s’apparenter au groupe écologiste où siège déjà Grégory Blanc, l’autre soutien de Raphaël Glucksmann.
Chez les communistes et les écologistes, la stabilité domine. Les premiers gardent dix-huit sièges, les seconds n’en perdent qu’un pour tomber à quinze. Ces derniers ont choisi de ne pas accueillir Gabriel Amard, premier sénateur Insoumis, qui siégera donc en non-inscrit.
Du côté macroniste, la semaine a été plus rude encore. Le groupe des Indépendants, composé majoritairement de soutiens d’Edouard Philippe et présidé par Claude Malhuret, voit sept sénateurs claquer la porte, y compris des élus dont le poste n’était pas remis en jeu. Il ne lui reste plus que quinze membres, quand le groupe radical RDSE en rassemble dix-huit. Menacé de disparition, le groupe macroniste RDPI sauve finalement seize sièges, dont sept ultramarins, autour de son nouveau président Xavier Iacovelli.
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