Europe
L’AfD sur le point de décrocher un poste inédit depuis 1945
Le parti d’extrême droite espère prendre la présidence du Parlement régional de Saxe-Anhalt. Un mois après sa percée électorale, il met la pression sur…


Le parti d’extrême droite espère prendre la présidence du Parlement régional de Saxe-Anhalt. Un mois après sa percée électorale, il met la pression sur les conservateurs du chancelier Merz.
À Magdebourg, les députés de Saxe-Anhalt font leur rentrée pour une séance inaugurale pas comme les autres. Au programme, l’élection à bulletin secret de la présidence du Landtag et de ses vice-présidences. Un poste loin d’être anecdotique. Le président dirige les débats, arrête l’ordre du jour avec le Conseil des sages et gère l’administration de l’assemblée. Pour l’AfD, la formalité s’annonce limpide. Le parti anti-immigration et prorusse a conquis 39 des 83 sièges lors du scrutin de début septembre, reléguant loin derrière les conservateurs de la CDU de Merz. Jamais, depuis 1945, une formation d’extrême droite n’avait décroché la tête d’un Parlement régional allemand.
Le 20 septembre, l’AfD a récidivé aux régionales en Mecklembourg-Poméranie occidentale, dans le nord-est, même si cette région devrait rester gouvernée par la gauche. La coalition du chancelier avec les sociaux-démocrates s’enlise, elle, dans les querelles sur les réformes à mener. Le fauteuil de président du Landtag devrait revenir à Tobias Rausch, 35 ans. Un profil qui fait grincer des dents, son père, figure régionale du parti, ayant été au coeur de soupçons de népotisme.
La vraie bataille viendra plus tard. En décembre, Ulrich Siegmund, autre trentenaire et visage fort de l’AfD dans la région, tentera de décrocher la confiance des élus pour prendre la tête de l’exécutif régional. Il vise une élection dès le premier tour, à la majorité absolue. Pour y parvenir, il lui faudrait convaincre au moins trois transfuges d’autres formations, alors qu’aucun parti n’a jusqu’ici accepté de s’allier à l’AfD. Un allié potentiel se dessine pourtant. Le BSW, parti d’extrême gauche prorusse, a déjà apporté son soutien à l’AfD pour la présidence du Landtag grâce à ses cinq élus. Il refuse toutefois, pour l’instant, de voter pour Siegmund.
Les deux camps se sont tout de même entendus sur des terrains d’entente possibles, comme une commission d’enquête sur la gestion du coronavirus ou une refonte de l’audiovisuel public régional, jugé trop proche des partis traditionnels. L’AfD lorgne aussi du côté des conservateurs, Siegmund ayant confirmé des contacts avec certains députés de la CDU. Lundi, Sven Schulze, ministre-président sortant et chef régional des conservateurs, a coupé court. « Personne de la CDU ne passera d’une quelconque manière à l’AfD », a-t-il tranché.
En parallèle, des ONG et l’alliance Magdebourg solidaire ont prévu des actions devant le Parlement pour exhorter les partis à ne pas coopérer avec l’AfD. Parmi elles, une lecture des vingt premiers articles de la Constitution allemande. La cheffe des élus Die Linke dans la région, Eva von Angern, a même tracé un parallèle avec Hermann Göring, figure du régime nazi arrivée à la présidence du Parlement allemand en 1932.
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