Faits Divers
Un ex-maire du 93 et son entourage jugés pour des marchés publics truqués
Pendant quatre semaines, le tribunal correctionnel de Bobigny se penche sur les comptes du Raincy, commune prisée de Seine-Saint-Denis. Jean-Michel…


Pendant quatre semaines, le tribunal correctionnel de Bobigny se penche sur les comptes du Raincy, commune prisée de Seine-Saint-Denis. Jean-Michel Genestier et quinze autres personnes répondent de favoritisme, de détournements et de rétrocommissions qui auraient couru sur près de dix ans.
Le procès s’est ouvert lundi et doit durer quatre semaines. Rien que pour énumérer les charges qui pèsent sur les seize prévenus encore concernés, la présidente et ses assesseurs ont eu besoin de plus de deux heures et demie. Le dossier a compté jusqu’à quarante-six mis en cause avant que plusieurs sociétés ne soient rayées ou ne reconnaissent les faits. Dans le viseur de la justice, un chapelet d’infractions. Détournements de fonds publics, prises illégales d’intérêt, favoritisme, corruption active comme passive, blanchiment, négligence, surfacturations et rétrocommissions.
Au centre de l’affaire, Jean-Michel Genestier, maire divers droite élu en 2014. Les faits reprochés s’étalent pour l’essentiel entre 2015 et 2023, une période qui recoupe son passage à la tête de la ville. Le Raincy, parfois présenté comme le petit Neuilly du 93 en raison d’un niveau de vie plus confortable que dans le reste du département, se retrouve donc au cœur d’une histoire de contrats arrangés. Il est notamment question d’une femme dont l’édile était proche, Anissa P. Entre 2015 et 2018, elle aurait été embauchée comme adjointe administrative en contrat, sans que les règles encadrant l’emploi dans la fonction publique territoriale soient respectées. Sa rémunération, elle, ne collait ni à ses diplômes ni à son expérience.
Anissa P. aurait ensuite décroché des marchés publics sans véritable mise en concurrence, ou dans des conditions empêchant les autres candidats d’être traités à égalité. Chargée du suivi de chantiers pour la commune, elle est aussi renvoyée devant le tribunal pour avoir avantagé plusieurs entreprises. En retour, des rétrocommissions auraient circulé et des factures gonflées auraient été établies au détriment du Raincy. Certains contrats sont allés à des sociétés qu’elle dirigeait ou avec lesquelles elle entretenait des relations amoureuses.
Le maire, lui, aurait validé les bons de commande litigieux et profité de sa position. Parmi les avantages évoqués, des travaux réalisés à son domicile. Pour la commune, la note s’annonce salée. L’avocat qui défend les intérêts du Raincy, constitué partie civile, parle d’un préjudice considérable, estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros au minimum. Un montant qui pourrait encore s’alourdir au fil des débats.
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