Nous rejoindre sur les réseaux

Faits Divers

Un canot surchargé, deux vies de plus englouties au large de Berck

Deux hommes ont péri dans la nuit de dimanche à lundi en tentant de traverser la Manche sur une embarcation bondée. Deux femmes, gravement brûlées par de…

Article

le

Un canot surchargé, deux vies de plus englouties au large de Berck

Deux hommes ont péri dans la nuit de dimanche à lundi en tentant de traverser la Manche sur une embarcation bondée. Deux femmes, gravement brûlées par de l’essence, ont dû être hospitalisées.

La traversée a viré au drame. Au large de Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, deux hommes ont été retrouvés en arrêt cardiorespiratoire à bord d’un canot de fortune qui portait près de quatre-vingt-dix personnes. Leurs identités demeurent inconnues, mais leur âge a pu être établi, la trentaine pour l’un, la quarantaine pour l’autre. Une enquête a été lancée à Boulogne-sur-Mer afin de cerner les circonstances exactes de ces décès. Deux femmes comptent aussi parmi les victimes. Brûlées sur une large partie du corps, elles ont été prises en charge à l’hôpital. La raison est connue, un contact prolongé avec de l’essence qui se trouvait dans l’embarcation.

Ce drame s’ajoute à une série déjà longue. Une semaine plus tôt, trois personnes, dont un enfant, avaient perdu la vie dans des conditions comparables au large du Pas-de-Calais, sur un bateau lui aussi surchargé. À l’approche de l’hiver, les candidats au départ se précipitent pour saisir les dernières fenêtres météo favorables. Mais un temps clément ne rend pas ces traversées sûres pour autant. Les canots gonflables employés ne sont pas conçus pour la haute mer, ils embarquent bien plus de monde que de raison, et les départs se déroulent souvent dans le désordre, directement dans l’eau. L’association Utopia 56 a réagi en pointant la responsabilité des gouvernements et de leurs choix politiques. À ses yeux, ces hommes n’avaient pas d’autre voie que de risquer leur vie pour demander l’asile.

Le décompte, lui, ne cesse de grimper. Depuis janvier, au moins vingt-quatre migrants ont perdu la vie en mer à la frontière franco-britannique. Rien que sur le week-end, de vendredi à dimanche, six cent soixante-treize personnes ont réussi à atteindre les côtes anglaises à bord de bateaux de fortune. Dimanche matin, onze personnes ont été secourues après l’échouage d’un canot d’environ quatre-vingts passagers sur la plage de Camiers, toujours dans le Pas-de-Calais.

Plus à l’ouest, dans le Hampshire, un bateau avec cent quarante-neuf personnes à bord a accosté à Gosport. C’est la deuxième arrivée d’ampleur en peu de temps dans ce secteur, bien éloigné du détroit habituellement emprunté. Une manifestation hostile aux migrants a suivi dans la journée, débouchant sur l’interpellation de douze personnes pour troubles à l’ordre public. Ces rassemblements, parfois violents, sont devenus monnaie courante outre-Manche, où l’arrivée de candidats à l’exil occupe une place centrale dans le débat politique et alimente la poussée du parti anti-immigration Reform UK. Près de vingt mille personnes ont rejoint l’Angleterre depuis le début de l’année, un niveau nettement en retrait par rapport à la même période en 2025.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus