Politique
Entre Mélenchon et Glucksmann, Tondelier ne veut pas lâcher sa propre candidature
La cheffe des Ecologistes ouvre ses journées d’été à Grenoble dans une position inconfortable. Elle appelle toute la gauche à s’unir sans renoncer à sa…


La cheffe des Ecologistes ouvre ses journées d’été à Grenoble dans une position inconfortable. Elle appelle toute la gauche à s’unir sans renoncer à sa propre course à la présidentielle
Marine Tondelier marche sur un fil à Grenoble. La cheffe des Ecologistes a ouvert jeudi les universités d’été de son parti dans une drôle de position. Elle tend la main à toute la gauche, sans exclure personne, mais refuse de retirer sa candidature pour la présidentielle. À huit mois du scrutin, c’est un pari risqué.
Les Insoumis campent dans la Drôme voisine pour leurs propres journées d’été. Jean-Luc Mélenchon doit y tenir un meeting dimanche. Forts de leur avance dans les sondages, ils font pression sur les Verts pour qu’ils rejoignent leur camp. Sa main tendue a d’ailleurs déjà reçu une fin de non-recevoir de leur part, avec en ligne de mire la question des alliances aux législatives. Un refus d’accords mettrait en difficulté les députés écologistes sortants.
Côté socialiste, la pilule est tout aussi difficile à avaler. Le PS et Place publique ont refusé l’idée d’une primaire ouverte avec les Ecologistes, préférant une primaire plus restreinte entre eux. Raphaël Glucksmann, le patron de Place publique, devrait se déclarer très prochainement. Les écologistes, eux, sont sommés de choisir leur camp.
Mais le parti vert est lui-même écartelé. Une partie des militants, dont Sandrine Rousseau et Waleed Mouhali, se reconnaît dans les aspirations radicales des Insoumis. D’autres, comme Yannick Jadot, se tournent vers Raphaël Glucksmann et déplorent une unité qui ne serait plus que de façade. Cyrielle Chatelain, la présidente des députés écologistes, tente de son côté de rouvrir le dialogue avec LFI. Chaque famille tire la couverture à elle.
Marine Tondelier reste campée sur sa position. Elle assure que personne à gauche ne peut gagner seul et que chacun détient une partie de la solution pour vaincre l’extrême droite. Elle veut créer une dynamique fédératrice autour d’un projet commun. Et elle se dit convaincue d’être la seule capable d’incarner cette union, puisque Mélenchon et Glucksmann représentent à ses yeux deux gauches irréconciliables.
L’exemple de Grenoble est mis en avant pour soutenir sa stratégie. La maire, Laurence Ruffin, et le patron des sénateurs Verts, Guillaume Gontard, rappellent que l’union a permis de transformer la ville. Cyrielle Chatelain espère qu’elle pourra un jour transformer le pays. Mais tout le monde n’y croit pas. Delphine Batho, cheffe de Générations Ecologie, a décliné l’invitation, jugeant que l’écologie ne se résume pas à faire barrage à l’extrême droite ni à être une pièce d’une alliance. Olivier Faure, le chef du PS, doit en revanche venir soutenir la démarche vendredi.
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