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Le camp de Roj, dernier bastion kurde où vivent encore 2 200 proches de jihadistes

Les institutions kurdes devaient passer sous l’autorité de Damas, mais la gestion de ce site du nord-est syrien n’a toujours pas changé de mains. Des…

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Le camp de Roj, dernier bastion kurde où vivent encore 2 200 proches de jihadistes

Les institutions kurdes devaient passer sous l’autorité de Damas, mais la gestion de ce site du nord-est syrien n’a toujours pas changé de mains. Des femmes en niqab, des enfants et des adolescents y cohabitent sous des tentes, et leur avenir reste en suspens.

Le camp de Roj n’a pas bougé d’un pouce. Ses occupants continuent de circuler entre les tentes de toile, sous la surveillance de forces de sécurité kurdes. Des femmes en niqab, des enfants, des adolescents. Certains ont refusé de se laisser filmer. Les lieux abritent 729 familles, soit plus de 2 200 personnes, selon la responsable du site, Hakmieh Ibrahim. Son constat est net. L’administration du camp n’a connu aucun changement jusqu’à présent.

Sur place cohabitent des proches de jihadistes venus d’une cinquantaine de pays. Les Russes constituent le groupe le plus nombreux. Une quarantaine de familles françaises sont aussi présentes, aux côtés de ressortissants allemands, turcs, tunisiens ou marocains. Une figure connue y réside, Shamima Begum. Cette Britannique avait quitté le Royaume-Uni à 15 ans, en 2015, avec deux amies, pour épouser un combattant du groupe Etat islamique. Elle a depuis été déchue de sa nationalité.

L’avenir du camp dépend d’un accord scellé entre les Kurdes et Damas. Pendant la guerre, les forces kurdes tenaient de vastes portions du nord et du nord-est syrien. Elles se sont entendues avec le pouvoir central pour fondre leurs institutions civiles et militaires au sein de l’Etat. La pression était forte, alimentée par l’offensive du président islamiste Ahmad al-Chareh, bien décidé à réunifier le pays après avoir renversé Bachar al-Assad. Le chef des Forces démocratiques syriennes, Mazloum Abdi, avait ensuite annoncé leur dissolution.

Roj reste le dernier camp sous contrôle kurde. Les forces kurdes ont quitté al-Hol, beaucoup plus vaste, lors de l’offensive gouvernementale. Ce site accueillait plus de 23 000 personnes, Syriens compris, ainsi que plus de 6 000 étrangers issus d’une quarantaine de pays. La majorité ont disparu vers des destinations inconnues pendant et après les violences.

À Damas, on assure que le dossier progresse, sans se presser. Un responsable gouvernemental qui suit la question des combattants de l’EI et de leurs familles parle d’une intégration en cours. Il prévient aussitôt que le transfert de l’administration prendra du temps. Il met en avant des dimensions humanitaires et politiques complexes, et l’implication de parties étrangères, autrement dit des pays qui refusent de rapatrier leurs ressortissants. Un autre responsable, au ministère de l’Intérieur, résume la chose en évoquant un problème général sur lequel on travaille.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus vaste. Plus de 5 700 personnes soupçonnées d’appartenir à l’EI ont été transférées en Irak par les États-Unis, après des années passées derrière les barreaux. En 2019, les Forces démocratiques syriennes avaient défait l’EI en Syrie avec l’appui d’une coalition multinationale dirigée par Washington. Des milliers de combattants présumés et de membres de leurs familles avaient alors été capturés.

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