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Rahul Gandhi brièvement arrêté en Inde, la colère monte contre la Commission électorale

Le chef de l’opposition indienne a été interpellé mardi à New Delhi lors d’une marche contre la révision des listes électorales. Des millions d’électeurs…

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Rahul Gandhi brièvement arrêté en Inde, la colère monte contre la Commission électorale

Le chef de l’opposition indienne a été interpellé mardi à New Delhi lors d’une marche contre la révision des listes électorales. Des millions d’électeurs en auraient été radiés, et l’opposition accuse la Commission électorale d’agir pour le compte de Narendra Modi.

Rahul Gandhi a passé quelques heures en détention, mardi, avant de retrouver la liberté. Le dirigeant du parti du Congrès, principale force d’opposition du pays, participait à une marche à New Delhi contre la Commission électorale indienne. Debout sur une barricade, un drapeau indien à la main, il a été appréhendé en compagnie d’autres élus, puis relâché assez vite. Avec sa sœur Priyanka Gandhi Vadra, il a ensuite planté un campement dans les locaux de la radio publique, juste à côté du siège de l’institution visée.

L’opposition n’y va pas par quatre chemins. Elle réclame la démission de Gyanesh Kumar, le président de la Commission électorale, qu’elle accuse de rouler pour le parti de Narendra Modi. Longtemps vue comme la gardienne de la plus grande démocratie du monde, l’institution est désormais au cœur des soupçons. Les manifestants avaient quitté le Parlement en direction de son siège avant que les forces de l’ordre ne les bloquent. « Le pays a été détourné au moyen d’un vol de voix », a lancé Rahul Gandhi derrière les grilles du bâtiment, assurant que ce qui avait été fait à son pays portait le nom de trahison.

Le camp du Premier ministre défend au contraire l’opération. Un porte-parole du BJP, Sambit Patra, a dénoncé mardi des partis d’opposition qui chercheraient selon lui à renverser le gouvernement et à porter Rahul Gandhi au pouvoir, en s’attaquant délibérément à la démocratie indienne et à ses institutions. Un responsable de la Commission aurait par ailleurs ignoré à plusieurs reprises les objections de deux autres membres depuis le début de cette révision.

La révision en question a débuté en novembre 2025. Prévue en principe pour écarter les doublons et les personnes décédées, elle s’est traduite par la sortie d’environ 130 millions d’électeurs. Ses détracteurs estiment que des millions de personnes ont été rayées à tort, avec un impact très lourd sur les communautés marginalisées et les minorités, notamment musulmanes. La Commission, elle, ne cachait pas vouloir garantir qu’aucun « immigré clandestin » ne figure sur les listes, une préoccupation que le parti de Narendra Modi met en avant depuis longtemps, en pointant les migrants musulmans en situation irrégulière venus du Bangladesh voisin.

Perdre son inscription n’enlève pas la citoyenneté. Mais beaucoup redoutent des suites administratives bien au-delà de la simple impossibilité de voter. Lundi, la Cour suprême a demandé au gouvernement et à la Commission de s’expliquer sur plusieurs décisions liées à cette vaste mise à jour. Les rues s’agitent depuis vendredi, à New Delhi comme à Bombay. Et un mouvement de jeunes né sur internet en mai, le « Parti du peuple des cafards », à l’origine de la démission du ministre de l’Éducation fin juillet, appelle à une mobilisation de masse samedi dans la capitale.

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