Politique
François Ruffin fait du stop pour renouer avec les Français
Le député picard a troqué les estrades contre le bord de la route. Il veut écouter les gens dans l’intimité d’une voiture et tester ses idées pour la…


Le député picard a troqué les estrades contre le bord de la route. Il veut écouter les gens dans l’intimité d’une voiture et tester ses idées pour la présidentielle.
Le constat est sans appel pour le candidat. Sa campagne n’imprime pas, elle passe sous les radars. François Ruffin, qui avait misé sur une primaire de la gauche jamais organisée, se retrouve isolé et distancé par Jean-Luc Mélenchon. Alors il a choisi une méthode radicale. En juillet, il est parti sur les routes de France en auto-stop, avec un collaborateur qui filme au téléphone et deux micros discrets. L’objectif est simple, renouer avec le réel. Comme il le dit lui-même, dans une campagne on est entouré de gens qui approuvent tout, et il avait peur de décrocher de ce que pensent vraiment les gens.
Une première expérience l’a conduit de la Gironde à Périgueux, puis d’un camping près de Perpignan jusqu’en Ardèche. Ce choix du stop doit beaucoup à son amour pour l’émission « Nus et culottés », où deux amis voyagent en étant nus. Lui garde ses vêtements, mais il garde l’esprit. Il a posté six journaux de bord sur sa chaîne YouTube, qui compte 250 000 abonnés et environ 10 000 vues par épisode. Ses équipes diffusent aussi des versions courtes sur Instagram et X, où 445 000 personnes le suivent.
Sur la route, les rencontres valent tous les discours. Il y a eu Mickaël, un mécanicien motoculteur dans les vignes, venu de Dunkerque pour fuir le chômage et les addictions. Ruffin s’enthousiasme de ces échanges impossibles en meeting ou dans les médias. Il y puise aussi des réflexions concrètes, notamment sur la séparation, un risque que la Sécurité sociale n’avait pas anticipé et qui peut précipiter des familles dans la pauvreté ou des problèmes de logement. En octobre, il publiera un livre programmatique sur le travail, le climat et le handicap, des thèmes qui reviennent souvent dans ses discussions.
L’auto-stop est aussi un banc d’essai pour ses idées. Des électeurs de droite le prennent en voiture, et c’est exactement ce qu’il cherche. Comme David, un patron de garage près de Narbonne, qui n’aime pas les assistés mais apprécie le candidat. Leur échange a convaincu Ruffin que ce qui manque aux gens, c’est du lien et de l’amour, au-delà des problèmes d’argent. Le pays a des soucis matériels, dit-il, mais aussi un vide spirituel. Conquis par l’expérience, il prévoit de reprendre le stop en septembre pour se rendre à ses prochains meetings.
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