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Le rêve d’autonomie kurde s’éteint en Syrie
Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes, a annoncé la fin de l’intégration des institutions kurdes dans l’État syrien. Une page se tourne…


Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes, a annoncé la fin de l’intégration des institutions kurdes dans l’État syrien. Une page se tourne pour la minorité kurde.
C’est un tournant historique pour les Kurdes de Syrie. Jeudi, depuis Qamichli, ville célébrant son centenaire dans le nord-est du pays, Mazloum Abdi a officialisé la fin du processus qui devait fondre les institutions militaires, sécuritaires et administratives kurdes dans celles de l’État syrien. Le rêve d’autonomie de cette minorité s’éloigne un peu plus. Le chef des FDS s’est exprimé en kurde pour annoncer que l’intégration est désormais achevée et qu’une nouvelle phase s’ouvre.
Cette décision découle d’un accord signé en janvier entre les Kurdes et les autorités syriennes issues du renversement de Bachar al-Assad. Des mois de négociations avaient suivi des affrontements meurtriers entre combattants kurdes et forces gouvernementales. Sur le terrain, les Kurdes ont dû céder de vastes territoires riches en pétrole qu’ils contrôlaient dans le nord et le nord-est du pays. Ils se retrouvent aujourd’hui confinés à des zones à majorité kurde, principalement dans la province de Hassaké. En contrepartie, le président Ahmad al-Chareh a pris des mesures inédites depuis l’indépendance de la Syrie en 1946. Un décret a reconnu les droits nationaux des Kurdes et fait du kurde une langue nationale. Un gouverneur kurde a été nommé à Hassaké, et un commandant militaire kurde a rejoint les rangs du ministère de la Défense comme adjoint chargé de la région orientale.
Le rapport de force a profondément changé ces derniers mois. Les forces gouvernementales sont entrées dans les villes de Hassaké et de Qamichli. Damas gère désormais l’aéroport de Qamichli et les champs pétroliers stratégiques. Washington, qui avait longtemps appuyé les FDS dans leur combat contre le groupe État islamique, soutient maintenant le nouveau président syrien. Les combattants arabes qui avaient rejoint les rangs kurdes ont massivement fait défection. Les effectifs des FDS sont passés d’environ 100 000 à 50 000 hommes. Mazloum Abdi a également reconnu que des milliers de combattants venus d’autres parties du Kurdistan, en Irak, en Iran et en Turquie, s’étaient retirés sur sa demande et selon un plan pratique. Pour lui, une nouvelle ère commence dans la région.
Ce dénouement laisse un goût amer pour une communauté longtemps maltraitée par les gouvernements syriens successifs. Avant la guerre civile, les Kurdes représentaient environ 15 % de la population. Il leur était interdit d’enseigner leur langue, de célébrer leurs fêtes et de pratiquer leurs traditions. Des dizaines de milliers d’entre eux avaient même été déchus de leur nationalité. Les analystes spécialistes du dossier kurde évoquent désormais la fin d’une époque pour la puissance kurde en Syrie. Ces forces, organisées et entraînées, auraient pu incarner un modèle au sein du nouvel État. Mais la dissolution annoncée marque avant tout une page qui se tourne dans un pays en pleine recomposition.
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