Nous rejoindre sur les réseaux

Politique

AfD le parti d extrême droite allemand reconduit ses chefs malgré la vague de contestation

Des dizaines de milliers d opposants ont tenté de bloquer le congrès à Erfurt. Mais Alice Weidel et Tino Chrupalla ont été réélus à la tête du parti anti…

Article

le

AfD le parti d extrême droite allemand reconduit ses chefs malgré la vague de contestation

Des dizaines de milliers d opposants ont tenté de bloquer le congrès à Erfurt. Mais Alice Weidel et Tino Chrupalla ont été réélus à la tête du parti anti immigration et prorusse.

Le décor était planté. Samedi dans l est de l Allemagne, la ville d Erfurt a été le théâtre d un face-à-face tendu. D un côté, les cadres et délégués du parti d extrême droite AfD réunis en congrès. De l autre, une foule immense venue pour dire non. Environ 31 000 personnes ont convergé vers la ville, certains bloquant les routes, d autres descendant en rappel depuis un pont d autoroute pour empêcher l accès au lieu du rassemblement. Malgré cette pression, les deux coprésidents Alice Weidel et Tino Chrupalla ont été largement réélus. « Nous sommes le nouveau parti populaire en Allemagne », a lancé Weidel devant ses troupes. Un discours qui sonne comme un avertissement, alors que des élections régionales se profilent en septembre dans plusieurs Länder de l Est, bastion électoral de la formation.

Les manifestants, eux, n ont pas lâché prise. Venus de tout le pays, souvent en convois de bus, ils ont formé une chaîne humaine autour de la ville. Beaucoup portaient des pancartes ou des banderoles. Lene, 19 ans, future infirmière, était à sa toute première manifestation. Pour elle, combattre ce parti est un devoir. « L AfD diffuse la haine », dit-elle. Un sentiment partagé par Ella, 44 ans, qui s était collée aux rails du tramway : « 1933 à 1945 ne doit plus jamais se reproduire. » La date du congrès a ajouté une couche de symbolique. Il tombait le 100e anniversaire d un congrès nazi à Weimar, tout près. Le parti assure que c est un hasard du calendrier. Mais pour les opposants, c est une provocation de plus. Malgré quelques heurts isolés où la police a utilisé du gaz poivré, la journée est restée largement pacifique. En début d après midi, les manifestants ont levé leurs blocages et défilé vers le centre de congrès.

Ce congrès a aussi mis en lumière les fractures internes du parti. Björn Höcke, figure radicale connue pour ses propos sur le passé nazi, avait déposé une motion visant à réviser la liste des groupes extrémistes dont les membres de l AfD ne peuvent pas faire partie. Sous pression, il a retiré sa proposition. Mais Weidel a promis de revoir cette liste d ici un an. Un signe que l aile dure du parti gagne du terrain. Pendant ce temps, Chrupalla attaquait les manifestants, affirmant qu ils avaient été « amenés ici depuis tout le pays dans des camions de l establishment ». Une rhétorique qui séduit dans les régions de l Est, où l AfD pourrait remporter la majorité absolue aux élections de septembre dans un Land comme la Saxe-Anhalt. L Allemagne, marquée par son histoire, résistait jusqu ici à l essor électoral de l extrême droite. Mais la crise migratoire de 2015, des attaques islamistes, des crimes commis par des étrangers et une profonde dégradation du modèle économique ont offert un terreau fertile à ce discours. Aujourd hui, le parti est aux portes du pouvoir dans l Est. Et les milliers de manifestants d Erfurt ne semblent pas suffire à freiner sa progression.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus