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Ankara se transforme pour l’Otan ses habitants n’y voient que du maquillage

La capitale turque dépense des millions pour cacher ses quartiers pauvres et moderniser ses routes avant le sommet de l’Otan. Mais les habitants et…

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Ankara se transforme pour l'Otan ses habitants n'y voient que du maquillage

La capitale turque dépense des millions pour cacher ses quartiers pauvres et moderniser ses routes avant le sommet de l’Otan. Mais les habitants et commerçants regrettent que ces efforts ne soient pas pour eux.

La vitrine est parfaite. Des panneaux géants dissimulent les maisons délabrées. Les trottoirs fraîchement repeints brillent sous le soleil. Les plaques d’égout sont enfin ajustées au bitume. Même les policiers à cheval font leur première apparition dans les rues. Ankara se prépare à accueillir les chefs d’État de 32 pays pour le sommet de l’Otan. Mais pour ceux qui vivent ici, ce grand nettoyage de printemps a un goût amer.

Les autorités ont investi plus de 205 millions d’euros pour rénover un aéroport militaire, construire de nouvelles routes et fleurir les abords de la capitale. Des dépenses présentées comme des investissements durables pour moderniser la ville. Pourtant, dans les quartiers populaires, le sentiment est tout autre. Ümit Örkan tient une supérette dont l’entrée est aujourd’hui bloquée par une immense affiche vantant le sommet. Ses ventes ont chuté de 95%. Il doit fermer pendant une semaine sans aucune compensation pour ses sept employés. Comme lui, des dizaines de commerçants voient leurs clients disparaître à cause des axes fermés et des restrictions de circulation.

Les mesures de sécurité sont draconiennes. Tout rassemblement est interdit depuis le 28 juin. Les grands axes seront bloqués pendant deux jours. La rumeur d’une fermeture de parcs pour le jogging matinal du président français a provoqué des manifestations, même si elle a été démentie. L’opposition fustige une ville transformée en prison à ciel ouvert. Les habitants fuient : les trains et les avions au départ d’Ankara sont déjà complets. Pendant ce temps, la Fédération des chauffeurs de taxi en profite pour imposer un code vestimentaire strict et offrir loukoums, eau et eau de Cologne aux visiteurs. Une hospitalité soigneusement orchestrée. Mais les plaisanteries fusent sur les réseaux sociaux. On se demande si les salons de beauté proposeront bientôt des soins Otan. Et une étudiante résume le sentiment général : si Macron prenait les transports en commun, on aurait peut-être enfin la climatisation dans les bus.

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