Monde
Un an après les flammes, le cauchemar continue pour les habitants de l’Estaque
Les sinistrés de l’incendie de juillet 2024 racontent leur traumatisme persistant. Entre peur des feux à venir, incompréhension face aux consignes et…


Les sinistrés de l’incendie de juillet 2024 racontent leur traumatisme persistant. Entre peur des feux à venir, incompréhension face aux consignes et combat pour obtenir justice, le chemin est encore long.
Evelyne Mazade revoit encore le feu descendre de la colline. Ce 8 juillet 2024, elle était seule avec son chien quand les flammes ont atteint sa maison. Elle a tenté de les repousser avec deux seaux d’eau, pendant des heures. Les murs sont restés debout, mais tout l’intérieur a brûlé. Un an plus tard, elle ne comprend toujours pas pourquoi son quartier a été si durement touché. Comme beaucoup ici, elle critique l’arrivée tardive des pompiers, venus des Alpes Maritimes et visiblement perdus dans le secteur. Elle a dû leur montrer où se trouvaient les bornes à incendie.
Sa voisine Fabienne Kriegel, elle, garde une colère intacte contre les consignes officielles. Ce jour là, un SMS lui ordonnait de rester confinée chez elle, en lui assurant qu’elle ne risquait rien. « Si on était restés, on serait morts étouffés », raconte t elle. Avec son mari malade d’un cancer du poumon, elle a fui dès 16 heures. Le lendemain, une amie lui a annoncé que sa maison n’existait plus. Le choc a été total. Aujourd’hui, l’association des victimes de l’incendie a déposé une centaine de plaintes contre X pour mise en danger de la vie d’autrui. Les habitants pointent du doigt le changement de commandement opérationnel en plein milieu de l’incendie, décidé par le préfet de l’époque. Les marins pompiers ont pris la relève des pompiers du département, mais cette passation a fait perdre un temps précieux selon d’anciens responsables.
Les difficultés ne s’arrêtent pas là. Beaucoup de sinistrés attendent toujours une évaluation de leurs assurances. Certaines maisons étaient construites sans permis, ce qui complique les indemnisations. La préfecture est accusée de ne pas répondre aux demandes d’aide. Un collectif a même saisi le tribunal administratif pour obtenir des documents sur la gestion de la journée du 8 juillet. Et pendant ce temps, la peur reste présente. Mercredi soir, un nouveau feu s’est approché dangereusement de l’Estaque. Les pompiers parlent de feux de plus en plus violents et appellent à mieux débroussailler. Evelyne, elle, ne veut qu’une chose : vendre sa maison dès les travaux finis. « Pour la première fois de ma vie, j’ai peur », confie t elle.
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