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Un samedi sous les armes au Mali

Des attaques multiples visent plusieurs villes et une prison à 70 kilomètres de la capitale, deux mois après une offensive qui avait déjà secoué le…

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Un samedi sous les armes au Mali

Des attaques multiples visent plusieurs villes et une prison à 70 kilomètres de la capitale, deux mois après une offensive qui avait déjà secoué le pouvoir militaire.

Ce samedi, le Mali se réveille sous les tirs. Depuis 5 heures du matin, des combats coordonnés touchent des localités du nord et du centre, ainsi qu’un centre pénitentiaire près de Bamako. Gao, Anéfis, Aguelhok, Sévaré et la prison de Kéniéroba sont la cible d’assauts menés par des groupes jihadistes et leurs alliés indépendantistes touareg. À Anéfis, les rebelles du Front de Libération de l’Azawad ont déjà pris plusieurs positions, selon leur porte parole. L’armée malienne résiste encore, mais la ville reste le théâtre de combats intenses. Un habitant joint sur place confie que les groupes armés sont entrés dans la ville et que le camp militaire n’est pas encore tombé.

Ces attaques surviennent un peu plus de deux mois après une offensive massive qui avait déjà porté un coup dur à la junte. Les 25 et 26 avril, les jihadistes du JNIM et les indépendantistes avaient pris le contrôle de Kidal, ville stratégique du nord, et tué le ministre de la Défense. Aujourd’hui, Anéfis et Aguelhok sont les derniers bastions de l’armée dans la région de Kidal. Dans le même temps, à Sévaré, des explosions ont retenti au petit matin, tandis que des appareils aériens survolaient la zone. À Gao, des tirs nourris ont été signalés près d’un camp militaire. Mais l’attaque la plus frappante pourrait être celle contre la prison de Kéniéroba, à seulement 70 kilomètres de la capitale. Un prisonnier joint par téléphone décrit une situation chaotique nous sommes sous nos lits, les tirs continuent. Les communications ont depuis été coupées à l’intérieur de l’établissement où sont détenus des jihadistes.

Depuis 2012, le Mali est en proie à une crise sécuritaire profonde, alimentée par des groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des revendications indépendantistes touareg. La junte, arrivée au pouvoir après deux coups d’État en 2020 et 2021, avait promis de rétablir la sécurité et l’intégrité territoriale. Elle s’est tournée vers la Russie, dont les mercenaires d’Africa Corps appuient désormais l’armée malienne. En novembre 2023, Bamako avait repris Kidal, un succès de courte durée. La perte de cette ville en avril a été un camouflet. Depuis, les jihadistes et leurs alliés maintiennent la pression, bloquant les routes et asphyxiant l’économie de la capitale. En septembre 2025, le JNIM avait déjà imposé des blocus provoquant des pénuries de carburant. Ce samedi, la junte est de nouveau sous le feu, sur plusieurs fronts à la fois.

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