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Sous les arches dorées, des médecins sauvent des vies après le double séisme au Venezuela
Deux tremblements de terre ont rasé des quartiers entiers et submergé les hôpitaux. Alors, un McDonald’s et une gare routière sont devenus des centres de…


Deux tremblements de terre ont rasé des quartiers entiers et submergé les hôpitaux. Alors, un McDonald’s et une gare routière sont devenus des centres de soins de fortune.
Le 24 juin, deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 ont frappé l’État de La Guaira, au nord de Caracas. Bilan provisoire plus de 2 600 morts et 12 000 blessés. Les hôpitaux de la région, déjà sous-équipés, ont rapidement été saturés. En quelques heures, il a fallu improviser. Le fast-food McDonald’s de Caraballeda, une ville côtière durement touchée, a été réquisitionné. Des tentes médicales ont poussé dans le hall, la zone de commande est devenue une pharmacie, et le comptoir à hamburgers distribue désormais des arepas et des sandwichs aux sinistrés. Plus de trente médecins bénévoles y travaillent sans relâche, soignant des crises d’hypertension, d’anxiété ou des infections intestinales.
Dans la cour de la gare routière de Catia La Mar, trois grandes tentes blanches accueillent les blessés. Six brancards équipés d’écrans permettent de dispenser les premiers soins physiques et psychologiques. Près de 4 000 patients y ont déjà été pris en charge. Parmi eux, Gilber Oropeza, un pompier venu de l’ouest du pays pour aider aux secours. Allongé sur un banc, il raconte avoir manipulé des décombres partout et souffre maintenant de douleurs à l’estomac. Le Dr Antonio Olaizola tire la sonnette d’alarme alors que les refuges se remplissent, le risque d’épidémie augmente. Plus de 180 immeubles se sont effondrés à La Guaira. La surpopulation dans ces centres provisoires favorise la propagation des maladies infectieuses, des cas sont déjà signalés.
Iverson Medina, 13 ans, porte une attelle à la jambe droite et à la cheville gauche. Il a passé 16 heures sous les ruines de son immeuble. « J’ai eu très peur, je pensais qu’on n’allait pas me secourir », confie-t-il. Sa grand-mère et un cousin n’ont pas survécu. María José Pino, gynécologue-obstétricienne, a elle-même été blessée par le séisme. Malgré sa jambe abîmée, elle soigne sans répit depuis le premier jour. Elle raconte son sentiment d’impuissance, celui de ne pas en faire assez, alors que les mains manquent cruellement. Dans ce décor de fortune, les soignants luttent contre le manque de moyens et l’afflux permanent de victimes.
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