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Sous les gravats, l’attente et la colère des familles vénézuéliennes
Neuf jours après les séismes, des milliers de Vénézuéliens cherchent encore leurs proches dans les décombres. Entre espoir ténu et rage face au manque de…


Neuf jours après les séismes, des milliers de Vénézuéliens cherchent encore leurs proches dans les décombres. Entre espoir ténu et rage face au manque de moyens, ils réclament des corps, pas des déchets.
Debout devant ce qui reste d’un immeuble à Caraballeda, José Francisco Liendo retient son souffle. Ce chauffeur de 50 ans est sûr d’une chose son père et sa sœur sont sous ce tas de béton. Il ne veut pas que des machines les emportent comme des ordures. Sa phrase résume le cauchemar de centaines de familles depuis le 24 juin, quand deux puissants séismes de magnitude 7,2 et 7,5 ont frappé le nord du Venezuela. Le bilan officiel dépasse désormais 2 600 morts et 12 600 blessés. Mais derrière ces chiffres, il y a des vies en suspens. L’ONU estime que près de 50 000 personnes pourraient être portées disparues. Les réseaux sociaux débordent de visages souriants immortalisés sur des photos, ceux que l’on ne retrouve plus.
Les secouristes étrangers et vénézuéliens fouillent encore, mais les recherches ralentissent. Au-delà de 72 heures, les chances de survie deviennent quasi nulles. Pourtant, certains croient entendre des appels des voix d’un adulte, d’un enfant de neuf ans. Mais sur place, les experts sont formels il n’y a plus de survivant à cet endroit. La colère monte. Dalimer Diaz cherche sa mère, son frère, sa sœur, sa belle-sœur et sa nièce. Il a déjà retrouvé son père, mais les autres manquent. Personne ne veut sortir les morts, lance-t-il, les larmes cachées derrière un masque blanc. Alors les familles creusent elles-mêmes, avec leurs mains ou des outils de fortune. Victor Dorta, membre de la protection civile, montre un tractopelle. Il n’y a pas d’engins pour couper le béton, juste ça. Pour lui, le gouvernement freine au lieu d’aider.
L’ampleur de la catastrophe dépasse tout. Près de 200 bâtiments se sont effondrés. Dans le port de La Guaira, une morgue à ciel ouvert a accueilli 2 100 corps. Seuls 1 700 ont été rendus aux familles. Les hôpitaux ont soigné plus de 10 000 blessés. Un complexe sportif distribue entre 40 et 50 tonnes de nourriture par jour. La présidente par intérim promet que les recherches continuent et que tous les morts seront identifiés. Mais sur le terrain, les familles ne voient que lenteur et manque de moyens. José Vieira a perdu trois membres de sa famille sous les décombres. Il crache sa rage ce gouvernement n’a rien fait. C’est indigne, inhumain. Les mots sont lourds, comme le béton qui recouvre les siens.
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