Politique
Le Pen et Bardella jurent fidélité avant le verdict
À trois jours d’une décision de justice qui pourrait écarter Marine Le Pen de la présidentielle, le duo du Rassemblement national a affiché une unité sans…


À trois jours d’une décision de justice qui pourrait écarter Marine Le Pen de la présidentielle, le duo du Rassemblement national a affiché une unité sans faille. Devant leurs militants réunis à Liévin, ils ont multiplié les déclarations de confiance et d’amitié.
Samedi en fin d’après-midi, dans le Pas-de-Calais, le parti d’extrême droite avait organisé un banquet champêtre. L’ambiance était décontractée, avec des frites, des granitas et une playlist des années 80. Mais l’enjeu, lui, était bien sérieux. Marine Le Pen et Jordan Bardella savaient que tous les regards étaient braqués sur eux, à quelques jours du couperet judiciaire du 7 juillet. La cour d’appel de Paris doit en effet trancher sur une éventuelle inéligibilité de la cheffe de file, et donc sur qui pourra être candidat à l’Élysée. Pour calmer les doutes et les rumeurs de tension, le tandem a joué la carte de la proximité. Installée au pied de l’estrade sur un remix électro de Dalida, Marine Le Pen a attendu que Jordan Bardella finisse ses selfies avec les militants. Puis il l’a rejointe, et les discours ont commencé.
Jordan Bardella a été le premier à prendre la parole. Il a réaffirmé son soutien total à sa mentore, parlant d’une amitié sincère et d’un engagement politique qu’il qualifie de sacrificiel. Il a dit espérer la voir élue présidente dans quelques mois. Marine Le Pen, de son côté, a assuré qu’elle serait prête à passer le relais si la justice l’empêchait de se présenter. Elle a promis de soutenir son poulain avec énergie et confiance, ajoutant qu’il n’avait jamais trahi cette confiance. Les deux ont insisté sur leur unité, jurant de lutter jusqu’à la victoire, quoi qu’il arrive mardi. Ce message était crucial pour rassurer les militants, alors que des prises de position récentes des deux figures avaient semé le trouble sur la solidité de leur binôme.
Dans l’assistance, les réactions étaient mesurées mais confiantes. Certains militants, comme Pascal, 60 ans, disaient n’être pas venus pour la fête, mais pour soutenir ce qu’ils appellent le binôme Le Pen Bardella. D’autres, comme Emilie, une élue de 33 ans, estimaient que si Marine ne pouvait pas y aller, Jordan serait là pour prendre le relais. Nicolas, 54 ans, résumait l’état d’esprit général en disant que ce sont les idées qui priment, pas les personnalités. Les discours ont aussi été l’occasion de lancer quelques flèches vers les adversaires politiques, notamment Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Attal et Édouard Philippe. Et pour conclure, Marine Le Pen a cité le Chant des partisans, rappelant que si l’un tombe, un autre sort de l’ombre pour le remplacer. Le combat, quel que soit le nom du candidat, est bel et bien lancé.
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