Monde
Une cascade d’attaques secoue le Mali du nord au sud
Samedi à l’aube, plusieurs villes maliennes ont été visées simultanément par des combattants jihadistes et des rebelles touareg. Un an après avoir perdu…


Samedi à l’aube, plusieurs villes maliennes ont été visées simultanément par des combattants jihadistes et des rebelles touareg. Un an après avoir perdu Kidal, ces groupes lancent une nouvelle offensive qui ébranle la junte au pouvoir.
Dès 5 heures du matin, les explosions ont retenti à Gao, Anéfis, Aguelhok, Sévaré et même près de la capitale Bamako, où la prison de Kéniéroba a été attaquée. Dans cette prison stratégique, des détenus ont raconté s’être cachés sous leurs lits alors que les tirs continuaient. Les communications ont ensuite été coupées à l’intérieur de l’établissement. À Anéfis, dans le nord, les indépendantistes du Front de Libération de l’Azawad (FLA) affirment avoir pris plusieurs postes militaires. Un élu local explique que les rebelles contrôlent désormais la ville, tandis que les paramilitaires russes restent retranchés dans le camp militaire. Les combattants du FLA auraient capturé de nombreux soldats maliens.
Cette nouvelle vague d’attaques intervient à peine deux mois après une offensive majeure menée fin avril par les jihadistes du JNIM et les indépendantistes. Ce jour-là, ils avaient infligé une lourde défaite à l’armée malienne, tuant le ministre de la Défense et reprenant le contrôle de Kidal, ville symbole du nord du pays. Depuis, la pression ne cesse de monter. Les rebelles bloquent les routes vers Bamako, et en septembre 2025, le JNIM a même asphyxié l’économie de la capitale en multipliant les barrages. Les pénuries de carburant se sont aggravées. Pour les analystes, ces opérations visent à isoler le pouvoir avant un assaut plus large. L’objectif serait d’abord de sécuriser le nord, puis de descendre vers le sud.
L’armée malienne affirme avoir repoussé les attaques et « neutralisé » vingt terroristes, tout en reconnaissant un seul mort dans ses rangs à Gao. Mais ce bilan est jugé sous-estimé par plusieurs observateurs, les militaires ne communiquant pas sur leurs pertes réelles. Les paramilitaires russes de l’Africa Corps, déployés aux côtés de l’armée, ont également réagi sur les réseaux sociaux, affirmant mener des opérations pour repousser l’assaut. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, la junte du général Assimi Goïta a fait du rétablissement de la sécurité et de l’intégrité territoriale sa priorité. Mais la crise sécuritaire, qui dure depuis 2012, s’ajoute à une grave crise économique. Le pays fait face à la fois à une insurrection jihadiste et aux revendications indépendantistes des Touareg. Et malgré le renfort des forces russes, la situation semble loin d’être maîtrisée.
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