Monde
Mali la junte vacille sous la pression des offensives jihadistes et touareg
Les rebelles du JNIM et du FLA attaquent simultanément plusieurs villes du nord au sud, menaçant jusqu’à la capitale. L’armée malienne, affaiblie, perd du…


Les rebelles du JNIM et du FLA attaquent simultanément plusieurs villes du nord au sud, menaçant jusqu’à la capitale. L’armée malienne, affaiblie, perd du terrain et ses alliés russes sont pris en étau.
Une série d’attaques coordonnées a secoué le Mali ce week-end. Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et les indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont frappé simultanément des localités stratégiques. Dans la région de Kidal, les rebelles affirment contrôler Anéfis, où des paramilitaires russes sont encore retranchés dans le camp militaire. Les combats se poursuivaient dimanche. Plus au sud, les villes de Gao, verrou du nord, et de Sévaré, abritant une importante base militaire, ont également été ciblées. L’attaque d’une des plus grandes prisons du pays, à quelques dizaines de kilomètres de Bamako, montre que même la capitale n’est plus à l’abri. En deux mois, l’armée malienne a perdu Kidal, bastion touareg, et recule sur plusieurs fronts.
Pour les analystes, l’objectif est clair. Ces offensives conjointes visent à submerger l’armée malienne et les forces russes de l’Africa Corps, anciennement Wagner. La stratégie semble fonctionner. Les rebelles cherchent à sécuriser le nord avant de progresser vers le sud. Arrivée au pouvoir par deux coups d’État en 2020 et 2021, la junte du général Assimi Goïta avait promis de restaurer la sécurité et l’intégrité territoriale. En rompant avec la France, elle s’est tournée vers Moscou. Mais ces alliés peinent à inverser la dynamique. Les attaques se multiplient, et l’État ne contrôle plus que Bamako et quelques poches, selon des experts. Le reste du pays devient flottant.
La capitale elle-même subit un blocus jihadiste depuis des mois. L’économie est asphyxiée, les pénuries de carburant s’aggravent. En septembre 2024, une attaque massive contre l’aéroport militaire et l’école de gendarmerie avait fait plus de 70 morts. Fin avril, le ministre de la Défense Sadio Camara a été tué à son domicile à Kati, le fief de la junte. Le chef de la junte a dû reprendre le portefeuille de la Défense et imposer des mesures radicales les motos sont interdites hors des grandes villes, les civils ne peuvent plus se rendre dans les forêts suspectées de servir de cachettes aux jihadistes. Mais ces décisions semblent insuffisantes. Les experts estiment qu’elles réduisent certaines capacités des groupes armés, mais n’empêcheront pas de nouvelles vagues d’attaques. La junte assure pourtant tenir le pays et réprime toute voix discordante. Un journaliste a été incarcéré début juin pour avoir affirmé que Kidal était sous contrôle jihadiste. En réalité, le silence imposé aux médias donne l’illusion d’un contrôle politique total. Mais se barricader ne sera pas tenable longtemps, préviennent les observateurs.
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