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Canicule à Paris les pompiers réinventent leur quotidien pour tenir le choc
Les températures dépassent les 35 degrés en Île-de-France. Dans les casernes, les soldats du feu adaptent leurs entraînements, leurs tenues et même leur…


Les températures dépassent les 35 degrés en Île-de-France. Dans les casernes, les soldats du feu adaptent leurs entraînements, leurs tenues et même leur sommeil.
À 7h30 du matin, l’air est déjà pesant. Dans une caserne de Seine-et-Marne, la journée commence plus tôt que d’habitude. Les huit pompiers de garde sont réunis une demi-heure avant l’horaire normal. Objectif : finir les exercices physiques avant que le soleil ne tape trop fort. En temps normal, après la vérification des véhicules, ils enchaînent sport et simulations d’intervention. Mais sous cette chaleur, ce rituel devient trop risqué. Les responsables ont décidé de l’alléger pour préserver l’énergie des équipes. On ne peut pas leur demander de s’entraîner en tenue de feu. La transpiration viendrait trop vite, l’épuisement aussi. Et quand l’alerte rouge est déclenchée, l’activité se réduit encore. On se contente alors de quelques tâches administratives, le temps que la canicule passe.
Sur le terrain, les pompiers bénéficient d’un assouplissement vestimentaire à la caserne. Ils peuvent porter un polo, un short et des baskets, ce qui est exceptionnel. Mais dès qu’ils partent en intervention, le code vestimentaire redevient strict. Les tenues de feu sont conçues pour protéger des brûlures, mais elles emprisonnent la chaleur. Le corps ne peut plus se refroidir, ce qui peut provoquer des malaises. Pour y faire face, la caserne s’est récemment équipée d’un congélateur rempli de glaçons, un kit glace permettant de prendre un bain froid en cas de besoin. Pour l’instant, personne n’a encore eu à l’utiliser. Entre deux sorties, les collègues veillent les uns sur les autres. On vérifie que chacun récupère, se réhydrate et souffle avant de repartir.
Le plus dur, c’est la nuit. La caserne a été construite en 2007, sans penser aux canicules à répétition. Les chambres sont sous les toits, sans climatisation. Fin juin, la température y a dépassé les 35 degrés. Les pompiers ont alors improvisé. Certains ont emporté leur matelas dans la salle de sport, au foyer, dehors ou même dans les voitures. D’autres ont apporté leur propre ventilateur. Quelques-uns se réfugient au standard, la seule pièce fraîche du bâtiment. C’est le système D, comme le dit un responsable. Les nuits sont mauvaises, la fatigue s’accumule. Et le lendemain, il faut reprendre la garde, diminué. Le manque de sommeil use le corps et l’esprit. Pourtant, le service ne s’arrête jamais. Pas de droit de retrait, pas de congé pour intempéries. Les pompiers continuent, même quand le thermomètre s’affole. Lors de la précédente canicule, en juin, le nombre de décès avait bondi de près de 30% par rapport à la semaine d’avant. Un chiffre qui pèse sur les équipes, déjà éprouvées par des interventions toujours plus nombreuses à mesure que la chaleur s’installe.
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