Politique
Jordan Bardella remet son costume de numéro deux
Après des mois à se projeter vers l’Élysée, le jeune président du RN retrouve son rôle d’aspirant Premier ministre. Marine Le Pen reprend la main et…


Après des mois à se projeter vers l’Élysée, le jeune président du RN retrouve son rôle d’aspirant Premier ministre. Marine Le Pen reprend la main et laisse son poulain digérer une déception qu’il assure ne pas ressentir.
Mercredi dernier, le visage fermé de Jordan Bardella en disait long. Pour son premier déplacement de campagne aux côtés de Marine Le Pen, le décalage était saisissant. Elle en candidate à la présidentielle, lui en simple prétendant à Matignon. Le fameux « plan B » qui devait faire de lui le successeur désigné n’a pas eu lieu. Pourtant, Bardella affirme n’éprouver « ni soulagement, ni déception ». Il dit même se « réjouir » que sa mentore porte les couleurs du camp nationaliste. Mais dans les faits, celui qui s’était préparé pendant un an à briguer le scrutin suprême doit encaisser le contrecoup. Un retour à la réalité brutal pour un homme qui avait endossé le costume de présidentiable, auréolé des faveurs des sondages.
Au sein du Rassemblement national, on mise sur sa « capacité d’adaptation » pour absorber le choc. Un cadre du parti se félicite de ce « scénario idéal » et du retour du « tandem Marine-Jordan ». Selon une élue, c’est même ce que les militants auraient choisi si on les avait consultés. Une autre voix souligne que le parti aligne ainsi « les deux meilleurs ». Mais cette unité affichée cache une réalité moins glorieuse pour Bardella. Heureusement pour lui, il devrait être le seul candidat à sa propre succession lors du congrès d’Orléans fin octobre. Une maigre consolation pour celui qui, il y a quelques semaines encore, était reçu en Pologne comme « le futur président de la République ».
Pour y parvenir, Bardella va devoir puiser dans ses ressources. Son parcours est celui d’un enfant de Seine-Saint-Denis, élevé dans un logement social par une mère immigrée italienne. Entré au parti à 16 ans, il en a gravi tous les échelons jusqu’à la présidence. Un membre de l’entourage mariniste le décrit comme un « surinvesti » qui s’isole chez lui pour « absorber des notes » par paquets, avec un côté bachotage. Cette même capacité à tout contrôler, jusqu’à son image, pourrait l’aider à encaisser la « dépressurisation » nécessaire. Selon un conseiller de Marine Le Pen, il faut quelques jours pour que la pression redescende après avoir été potentiellement candidat à plus de 30% dans les sondages. Bardella n’a pas le choix il doit se remettre au service de sa patronne et prouver une fois de plus sa faculté d’adaptation.
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