Europe
Coupure de courant, pause tennis et fin de règne à Berlin
Le maire conservateur de Berlin renonce à se représenter après un fiasco de communication autour d’une panne d’électricité géante. La capitale allemande…


Le maire conservateur de Berlin renonce à se représenter après un fiasco de communication autour d’une panne d’électricité géante. La capitale allemande plonge dans l’incertitude politique à deux mois des urnes.
Kai Wegner jette l’éponge. À 53 ans, le dirigeant de la CDU berlinoise a annoncé qu’il ne briguera pas un second mandat lors des élections du 20 septembre. En cause une gestion de crise très maladroite le 3 janvier dernier. Ce jour-là, l’incendie criminel d’un poste électrique dans le sud-ouest de la ville plonge plus de 100 000 habitants dans le noir en plein hiver. Pendant près d’une semaine, 45 000 foyers restent sans électricité ni chauffage, les transports s’arrêtent, les réseaux mobile et internet sont coupés. Mais au lieu de se rendre sur place, Wegner s’accorde une pause tennis en milieu de journée. Surnommé le « tennisgate », l’épisode devient un boulet médiatique. « Je n’y arrive plus, je ne parviens plus à faire passer des messages », a-t-il reconnu, admettant des erreurs de communication qu’il avait déjà concédées en mars.
Les révélations de la presse locale aggravent son cas. Alors que Wegner affirmait avoir passé des appels officiels dès 8 h du matin, le relevé de ses communications montre qu’aucun coup de fil professionnel n’a été émis avant 12 h 45, seulement des SMS. Le candidat social-démocrate Steffen Krach l’a accusé d’avoir « gravement porté atteinte à sa fonction ». Résultat, la CDU berlinoise s’effondre dans les sondages. Alors qu’elle était en tête au printemps, elle plonge à 17 % des intentions de vote, rétrogradant en quatrième position derrière la gauche radicale, les écologistes et l’extrême droite. L’adjoint aux Finances Stefan Evers est pressenti pour prendre la tête de liste, mais la coalition de gauche semble aujourd’hui la piste la plus crédible pour diriger la ville-État.
Berlin paie aussi ses problèmes structurels. Comme toute l’Allemagne, la capitale souffre d’infrastructures vieillies, de budgets serrés et d’une administration lourde qui freine les services publics. Les chantiers s’éternisent, les ordures s’accumulent, le logement devient inabordable. Cette crise locale fait écho aux difficultés nationales de la CDU et de son chancelier Friedrich Merz, à la tête d’une coalition impopulaire avec les sociaux-démocrates. À un an du pouvoir, la formation conservatrice est distancée dans les sondages nationaux par l’Alternative pour l’Allemagne, qui pourrait rafler les deux autres scrutins régionaux de septembre dans l’est du pays.
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