Europe
L’Europe donne un ultimatum à Meta contre l’addiction aux réseaux sociaux
Bruxelles exige que Facebook et Instagram cessent de pousser leurs utilisateurs à scroller sans fin, sous peine d’une amende record. Les jeunes et les…


Bruxelles exige que Facebook et Instagram cessent de pousser leurs utilisateurs à scroller sans fin, sous peine d’une amende record. Les jeunes et les adultes vulnérables sont particulièrement visés par ces interfaces jugées trop manipulatrices.
Les autorités européennes ne plaisantent plus avec la santé mentale des internautes. Vendredi, la Commission européenne a officiellement ordonné à Meta de modifier en profondeur le fonctionnement de Facebook et Instagram. Le motif est clair ces plateformes sont conçues pour accrocher l’utilisateur le plus longtemps possible. Bruxelles pointe du doigt trois mécanismes bien précis les flux de contenus qui ne s’arrêtent jamais, les recommandations ultra-personnalisées et le lancement automatique des vidéos. Tous ces outils poussent le cerveau en mode pilotage automatique et favorisent des comportements compulsifs, selon l’exécutif européen. Le but évident est de maximiser les recettes publicitaires en retenant l’attention.
Meta a désormais une chance de se défendre et de proposer des correctifs. Mais si la Commission n’est pas convaincue, l’amende pourrait atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial du groupe. Un porte-parole de Meta a déjà contesté ces conclusions préliminaires, affirmant que l’entreprise a pris des mesures importantes, notamment avec des comptes spécialement conçus pour les adolescents. Ces comptes permettent par exemple aux parents de bloquer Instagram la nuit et de limiter le temps d’écran à quinze minutes par jour. Pourtant, Bruxelles juge les contrôles parentaux actuels bien trop complexes à utiliser. Et ce n’est pas la première fois que Meta est dans le viseur.
Cette procédure s’inscrit dans le cadre du règlement européen sur les services numériques, le DSA. Le même outil a déjà été utilisé contre TikTok en début d’année. La vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen, insiste protéger la santé physique et mentale des Européens doit devenir une priorité pour les réseaux sociaux. L’enquête contre Meta avait été lancée en mai 2024, notamment pour soupçon de ne pas protéger assez les mineurs. En parallèle, Bruxelles se prépare à annoncer des mesures harmonisées à l’échelle européenne pour limiter l’accès des enfants aux réseaux sociaux. Et aux États-Unis, Meta a déjà été condamné par un jury à Los Angeles à verser six millions de dollars pour l’addiction causée par Instagram et YouTube. Une première historique qui montre que le vent tourne.
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