Économie
Le mastodonte des retraites japonais poussé vers plus d’investissements locaux
Le gouvernement japonais veut que son fonds de pension public, le plus gros du monde, place massivement son argent dans des actifs nationaux. Objectif…

Le gouvernement japonais veut que son fonds de pension public, le plus gros du monde, place massivement son argent dans des actifs nationaux. Objectif stabiliser une économie fragilisée par l’inflation et la faiblesse du yen.
Vendredi, la ministre des Finances Satsuki Katayama a annoncé que Tokyo cherche à orienter les fonds de pension, y compris le géant GPIF, vers une hausse « substantielle » des investissements dans des actifs japonais. Le GPIF gère près de 1 570 milliards d’euros d’actifs, un poids colossal. Un simple changement dans sa stratégie de portefeuille peut ébranler les marchés financiers mondiaux.
Cette urgence n’est pas un hasard. Le Japon fait face à des pressions croissantes sur plusieurs fronts. L’inflation qui persiste, la volatilité du yen qui s’est fortement affaibli ces derniers mois, et les craintes sur la stabilité de la dette souveraine obligent le gouvernement à chercher des solutions en interne. En poussant le GPIF à miser davantage sur le pays, Tokyo espère soutenir les actifs japonais et calmer les marchés.
Le GPIF n’est pas un instrument politique, pourtant. Son mandat l’oblige à investir uniquement dans l’intérêt des futurs retraités. En 2014, sous Shinzo Abe, le fonds avait déjà fait une profonde restructuration pour prendre plus de risques avec des actions. En 2020, il avait réduit la part des obligations japonaises à faible rendement pour augmenter les obligations étrangères. Aujourd’hui, le portefeuille reste équilibré entre actions et obligations nationales et étrangères. Mais la ministre a reconnu qu’elle ne peut pas décider seule. Le gouvernement devra trouver un consensus interne pour faire bouger les lignes.
Vendredi, la simple perspective d’un réinvestissement local a déjà eu un effet. Le yen s’est apprécié et les obligations d’État japonaises ont grimpé. Signe que les marchés prennent l’idée au sérieux, même si le GPIF, joint par l’agence de presse, a refusé de commenter. La balle est désormais dans le camp du gouvernement et d’un débat délicat entre intérêts des retraités et nécessités économiques.
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