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Shein forcé de retirer le crocodile Lacoste de ses rayons virtuels

La justice française a pris une décision provisoire contre le géant chinois pour imitation du célèbre logo. Shein doit stopper la vente de ces articles…

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Shein forcé de retirer le crocodile Lacoste de ses rayons virtuels

La justice française a pris une décision provisoire contre le géant chinois pour imitation du célèbre logo. Shein doit stopper la vente de ces articles dans toute l’Union européenne et verser une avance sur préjudice.

Le tribunal judiciaire de Paris vient de donner un sérieux coup d’arrêt à Shein. Le juge a interdit au géant asiatique de l’e-commerce de commercialiser sur sa plateforme des vêtements, bijoux et accessoires portant le fameux crocodile de Lacoste. Cette mesure provisoire s’applique sur l’ensemble du territoire de l’Union européenne. Le magistrat a estimé que l’imitation était suffisamment vraisemblable pour créer un risque de confusion chez les consommateurs. En attendant le jugement définitif, il a aussi accordé à Lacoste une provision de 110 000 euros pour compenser le préjudice déjà subi.

Concrètement, Shein doit désormais afficher cette décision sur sa page d’accueil et dans ses applications pendant un mois. L’objectif est clair sensibiliser les acheteurs et éviter que le préjudice ne s’aggrave. Cette ordonnance a été rendue par un juge de la mise en état, un magistrat chargé d’instruire l’affaire avant le procès sur le fond. Il peut prendre des mesures urgentes pour faire cesser une atteinte aux droits de propriété intellectuelle. De son côté, Shein France a annoncé qu’elle allait réagir par communiqué, sans en dire plus pour l’instant.

Cette affaire ne tombe pas par hasard. Shein est dans le viseur des autorités françaises depuis plusieurs mois. Symbole de la mode ultra rapide et de son impact écologique, la plateforme fait face à une offensive réglementaire. Le gouvernement vient de présenter un projet d’arrêté qui fixe des pénalités financières pour les produits de la fast fashion, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 20 euros par pièce en 2030. Sont concernés les vêtements de base comme les T‑shirts, jeans, pulls ou sous‑vêtements vendus par Shein, Temu et AliExpress. Fin juin, le Parlement a adopté une loi visant à freiner ce modèle économique, accusé de générer des montagnes de déchets. Même le grand magasin parisien BHV a mis fin à son partenariat avec Shein mi‑juin. Le coup de frein judiciaire d’aujourd’hui s’inscrit dans ce mouvement de fond.

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