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Virées en mobylette et promesses radicales le candidat d’extrême droite qui séduit l’Est allemand

À deux mois des élections en Saxe-Anhalt, l’AfD pourrait décrocher son premier gouvernement régional. Son candidat Ulrich Siegmund mène campagne au guidon…

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Virées en mobylette et promesses radicales le candidat d'extrême droite qui séduit l'Est allemand

À deux mois des élections en Saxe-Anhalt, l’AfD pourrait décrocher son premier gouvernement régional. Son candidat Ulrich Siegmund mène campagne au guidon d’une mobylette symbole de l’identité est-allemande.

Ulrich Siegmund a 35 ans et un look de tribun moderne. Né trois semaines après la réunification allemande, il mise sur un symbole fort pour séduire les électeurs de l’Est. Un dimanche sur quatre, il invite ses partisans à enfourcher leur Simson, cette petite moto culte fabriquée à l’époque de la RDA. Ensemble, ils parcourent les villages de Saxe-Anhalt dans un bruit de moteur et un nuage de poussière. Pour ses fans, c’est un retour aux sources. Pour lui, c’est une machine à conquérir les voix. Dans cette région de l’ancienne Allemagne de l’Est, le parti anti-immigration et pro-russe domine largement les sondages, avec près de vingt points d’avance sur la CDU du chancelier Friedrich Merz. Beaucoup d’habitants se sentent oubliés par la réunification. Ils estiment être traités comme des citoyens de seconde zone face à ceux de l’Ouest et aux immigrés qu’ils jugent favorisés. Siegmund incarne cette colère en promettant de « rendre la vie difficile aux profiteurs ».

Les virées ne sont pas qu’un prétexte à la fête. Elles portent un message politique clair. Lors d’un rassemblement près de Jessnitz, le candidat prend la parole devant une foule de tous âges, certains portant des t-shirts à son effigie. « La Simson est un symbole de liberté, et la liberté est ce que nous défendons », lance-t-il. Avant d’ajouter avec un sourire que son parti « ne reconquiert pas seulement la liberté, mais le pays ». Dans son sillage, des centaines de motocyclistes agitent des drapeaux allemands, parfois coiffés de casques de la Seconde Guerre mondiale. Hans Witte, 19 ans, mécanicien, est venu pour la passion des mobylettes mais aussi pour soutenir celui qu’il appelle « un bon copain ». À ses côtés, Robert Kunze, 21 ans, informaticien, évoque l’immigration comme une source de hausse de la criminalité. Un retraité de 66 ans, Lars Breternitz, ancien électeur CDU, réclame carrément une « remigration », un mot d’ordre qui signifie inverser la politique d’accueil d’Angela Merkel.

Mais le succès de Siegmund ne tient pas qu’à la question migratoire. Il capte aussi un mécontentement social plus large. Lena Schef, 21 ans, au chômage, raconte que l’AfD a voté contre la fermeture du jardin d’enfants où elle travaillait, tandis que la CDU locale a voté pour. Ce geste local renforce l’image d’un parti à l’écoute des besoins concrets. Pourtant, le symbole de la Simson porte une contradiction dans son histoire. La marque a été fondée par une famille juive qui a fui l’Allemagne nazie. Aujourd’hui, ses descendants dénoncent le détournement de leur héritage par l’extrême droite. Mais sur les routes de Saxe-Anhalt, le bruit des moteurs couvre les critiques. À deux mois du scrutin du 6 septembre, cette campagne hors norme pourrait bien propulser l’AfD au poste de chef du gouvernement régional. Une première en Allemagne.

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