Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

L’Iran pleure son guide sous les frappes américaines

Ali Khamenei a été enterré ce vendredi à Machhad, après des funérailles gigantesques. Son inhumation a lieu en plein regain de tension entre les…

Article

le

L’Iran pleure son guide sous les frappes américaines

Ali Khamenei a été enterré ce vendredi à Machhad, après des funérailles gigantesques. Son inhumation a lieu en plein regain de tension entre les États-Unis et l’Iran.

Ce vendredi matin, la télévision d’État iranienne a diffusé les images du cercueil du guide suprême porté à l’intérieur du sanctuaire de l’imam Reza, le lieu le plus sacré du chiisme dans le pays. Une foule immense avait marché sous un soleil écrasant pour l’accompagner dans cette ultime étape. Un détail a frappé les observateurs. Le fils et successeur désigné, Mojtaba Khamenei, n’était pas visible lors de la cérémonie.

La cérémonie s’est déroulée dans un climat de guerre. Depuis plusieurs jours, les hostilités entre Téhéran et Washington ont repris de plus belle. Donald Trump a annoncé la fin de la trêve, qualifiant les dirigeants iraniens de « malades » et affirmant ne plus vouloir « avoir affaire » à eux. Pourtant, il a laissé entendre que les négociateurs américains pourraient poursuivre les pourparlers.

Les États-Unis ont mené de vastes frappes contre l’Iran dans la nuit de mercredi à jeudi, visant l’armée iranienne avec environ 90 cibles militaires. Mais la République islamique accuse Washington d’avoir aussi bombardé des infrastructures civiles, notamment des ponts et la ligne ferroviaire entre Téhéran et Machhad. Selon Téhéran, ces attaques visaient à « faire de l’ombre » aux funérailles et à empêcher les fidèles de s’y rendre. Un responsable iranien a également signalé qu’une installation militaire près de Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire en activité du pays, avait été touchée. Le Pentagone a démenti toute frappe américaine dans les dernières heures.

Ces bombardements ont fait 17 morts et 93 blessés, selon les autorités iraniennes. « Ces deux dernières nuits, le bruit a été extrêmement fort », raconte Badriyeh, une femme au foyer de 44 ans originaire de Bandar Abbas. Le conflit a pris une nouvelle dimension autour du détroit d’Ormuz, voie clé pour le transport mondial d’hydrocarbures. Washington accuse Téhéran d’avoir attaqué au moins trois navires commerciaux. Depuis, le trafic a nettement ralenti. L’Iran profite de la guerre pour contrôler ce passage stratégique. Il impose désormais des droits de passage et n’autorise que la route longeant ses côtes.

En représailles aux frappes américaines, l’armée iranienne a visé plusieurs voisins du Golfe. Des missiles ont été lancés sur le Koweït, où au moins une personne a été blessée, sur Bahreïn, et sur le Qatar, pourtant l’un des médiateurs dans le conflit. Pour la première fois depuis le 11 juin, les sirènes d’alerte ont retenti en Jordanie, où des missiles ont été interceptés. Les cours du pétrole ont bondi mercredi avant de refluer jeudi autour de 77 dollars le baril.

Le regain de tension n’a pas refroidi la ferveur des fidèles. Des millions de personnes avaient déjà afflué à Téhéran et à Qom en début de semaine, puis en Irak. Un avion de chasse a escorté l’appareil transportant la dépouille du guide suprême jusqu’à Machhad. « Tous les gens ici cherchent à se venger », témoigne Mohammad Afsharian, un commerçant de 41 ans. Pour lui, les efforts diplomatiques sont « quasiment enterrés ». Il ajoute que même un accord avec les États-Unis ne réglerait pas les problèmes avec Israël. L’État hébreu, ennemi juré de la République islamique, s’est dit prêt jeudi à attaquer l’Iran « une troisième fois si nécessaire » et « plus durement encore », selon son ministre de la Défense.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus