Europe
L’Espagne relance l’idée d’une dette commune en Europe, la France tend l’oreille
Madrid propose un mécanisme d’emprunt collectif pour faire baisser le coût de la dette des pays membres. Une piste séduisante pour Paris, mais qui bute…


Madrid propose un mécanisme d’emprunt collectif pour faire baisser le coût de la dette des pays membres. Une piste séduisante pour Paris, mais qui bute sur le refus catégorique des Pays-Bas.
L’Espagne a sorti un nouveau jeu de cartes sur la table des négociations européennes. Son ministre des Finances, Carlos Cuerpo, a présenté à ses homologues de la zone euro un projet de mécanisme d’emprunt communautaire. Concrètement, l’Union européenne emprunterait pour le compte des États qui le souhaitent, sur la base du volontariat, puis leur prêterait les sommes ainsi levées. L’idée est simple profiter des taux d’intérêt généralement plus favorables dont bénéficie l’UE sur les marchés pour faire des économies substantielles. Ce système ne créerait pas de nouvelle dette européenne supplémentaire, il remplacerait simplement une partie des dettes nationales par une dette commune mieux notée.
Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a jugé cette proposition «intéressante» sur Euronews. Selon lui, elle a le mérite de sortir du débat binaire entre dette nationale et dette européenne additionnelle. Mais il a immédiatement émis une réserve de taille le risque d’aléa moral. Si un pays sait qu’il peut transférer sa dette à la collectivité, rien ne l’empêche de s’endetter encore davantage. Pour Lescure, l’enjeu est plus large il ne s’agit pas seulement de mutualiser des dettes, mais de construire une véritable union des marchés de capitaux et de renforcer la compétitivité européenne pour faire de l’euro une monnaie mondiale de premier plan.
Du côté des Pays-Bas, la réponse est sans appel. Le ministre néerlandais des Finances, Eelco Heinen, a coupé court à toute discussion jeudi. Pour lui, la priorité n’est pas de partager les dettes, mais de remettre de l’ordre dans les finances publiques de chaque pays. Cette fin de non-recevoir intervient alors que les Vingt-Sept tentent de boucler d’ici la fin de l’année les négociations sur le futur budget européen pour la période 2028-2034. Le prochain sommet d’octobre sera largement consacré à cette question, notamment au chapitre des recettes. Une idée défendue depuis des mois par Emmanuel Macron refait ainsi surface, mais le chemin semble encore long avant un éventuel accord.
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