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Dix ans après l’attentat de Nice, l’enfance de centaines de victimes reste brisée

Le soir du 14 juillet 2016, des familles entières ont été fauchées sur la Promenade des Anglais. Parmi les 86 morts et des centaines de blessés, les…

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Dix ans après l'attentat de Nice, l'enfance de centaines de victimes reste brisée

Le soir du 14 juillet 2016, des familles entières ont été fauchées sur la Promenade des Anglais. Parmi les 86 morts et des centaines de blessés, les enfants ont payé un lourd tribut et des centaines d’entre eux souffrent encore de séquelles psychologiques.

Ce n’était pas un lieu de guerre. C’était une sortie en famille pour voir un feu d’artifice. Environ 3 000 personnes étaient rassemblées quand un camion a foncé dans la foule. Quinze enfants ont été tués, des dizaines d’autres blessés. Mais au-delà des morts, ce sont des centaines de jeunes vies qui ont basculé. Un bébé de 18 mois que sa mère a jeté pour le sauver avant d’être percutée. Une fillette de 4 ans plaquée au sol pour passer entre les roues. Un garçon de 10 ans chargé de couvrir les yeux de son petit frère pour l’empêcher de voir le carnage. Ces scènes, rapportées par les équipes soignantes, montrent la violence inouïe de l’attaque. Dix ans plus tard, les mineurs représentent un quart des près de 3 000 victimes indemnisées par le fonds de garantie. À l’hôpital pour enfants Lenval, situé juste à l’endroit où le camion a commencé sa course meurtrière, les psychologues ont suivi plus de 700 enfants. Un chiffre inédit en Europe.

Les conséquences sur la santé mentale sont massives. Une vaste étude baptisée 14-7, menée auprès de centaines d’enfants victimes, montre que 80 % d’entre eux ont développé des troubles anxieux et 62 % un syndrome de stress post-traumatique. Et ce, quel que soit leur âge. On ne peut pas dire qu’un enfant de 2 ans va oublier. Les plus jeunes se rappellent de tous les détails, de toutes les odeurs. Quand ils pensent à leur enfance, ils ne pensent qu’à ça. Crises d’angoisse, attaques de panique, cauchemars, troubles alimentaires et du sommeil, dépression. La scolarité est devenue un défi. Beaucoup se sont sentis isolés, surtout ceux qui étaient à Nice en vacances et sont rentrés chez eux sans soutien. Les camarades n’ont pas toujours compris.

Pour répondre à ces besoins, une structure pionnière a été créée six mois après l’attentat. Le Centre expert du psychotraumatisme pédiatrique de l’hôpital Lenval a mis au point des soins adaptés, comme des thérapies cognitives et comportementales ou l’EMDR, qui utilise les mouvements oculaires. Aujourd’hui encore, 86 enfants sont suivis, un nombre qualifié de colossal. La guérison passe aussi par la création de nouveaux souvenirs. L’association Une voie des enfants, qui accompagne toujours 150 jeunes victimes, a organisé une sortie dans une caserne de pompiers présents le soir du drame, puis à Clairefontaine avant un match des Bleus. Pour la première fois depuis presque dix ans, des enfants ont pleuré de joie. Preuve que la reconstruction est possible, mais qu’elle prend du temps.

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