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Le rapport sur la souffrance au travail mis au placard par le Sénat

Un document qui devait proposer des pistes concrètes contre le burn-out ne verra jamais le jour. La droite sénatoriale a bloqué sa publication, provoquant…

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Le rapport sur la souffrance au travail mis au placard par le Sénat

Un document qui devait proposer des pistes concrètes contre le burn-out ne verra jamais le jour. La droite sénatoriale a bloqué sa publication, provoquant la colère de la rapporteure.

La mission parlementaire devait ausculter un mal qui touche de plus en plus de salariés : l’épuisement professionnel. Pendant plusieurs mois, la sénatrice Annick Girardin a travaillé, auditionné des experts, consulté des partenaires sociaux. Mais ses conclusions ont été rejetées par la majorité de droite et du centre au Sénat. Résultat, le rapport est enterré, une situation rare dans cette institution.

Selon l’élue de Saint-Pierre-et-Miquelon, la droite a refusé d’examiner sérieusement le texte, préférant défendre les entreprises à tout prix. Elle dénonce un blocage idéologique. Pourtant, le rapport ne proposait pas de mesures radicales. Il suggérait par exemple de faire appel à une conférence d’experts pour définir clairement ce qu’est l’épuisement professionnel. Il recommandait aussi d’intégrer l’écoute des travailleurs dans les obligations de prévention des employeurs.

Le point qui a fait déchirer, c’est la suggestion d’inscrire la souffrance psychique au travail dans la liste des maladies professionnelles. Pour la droite, c’est trop flou juridiquement. La sénatrice Les Républicains Pascale Gruny estime que les personnes en burn-out sont déjà protégées par le droit actuel. Elle reproche aussi à la rapporteure d’avoir privilégié une approche trop favorable aux salariés, au détriment des employeurs. Le ministre du Travail lui-même, Jean-Pierre Farandou, a reconnu que le patronat n’était pas prêt à accepter une telle évolution.

Ce rejet laisse un vide. Pendant ce temps, les cas de souffrance au travail continuent d’augmenter. Les syndicats et certains élus regrettent une occasion manquée d’avancer sur un enjeu majeur de santé publique. La question reste posée, mais sans consensus politique, difficile de transformer les intentions en actes.

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